C’est vrai, une tomate est poétique, mais à force, cela peut devenir lassant.
À quand un saumon Hermès ?
Les aliments semblent parfois perdre leur attrait. Certes, une tomate peut être charmante, mais sa répétition ennuie rapidement. Les chefs, essayant de lui redonner vie, la mettent en avant pour qu’elle s’inscrive dans la postérité. Mais même cela n’est qu’un répit. Face à cette monotonie, nous cherchons des repères fiables : les marques. Une tomate, même fade, prend une autre dimension lorsqu’elle est travaillée par un Alain Ducasse. Et si celle-ci provient d’un producteur réputé comme Joël Thiebault, notre plaisir est décuplé. Cette appréhension vient de nos inquiétudes face à des tomates moldées, expédiées depuis Alméria, où l’ensoleillement est riche mais les salaires, précaires.
Ces tomates, souvent sans saveur, nous laissent insatisfaits. Elles sont juste de couleur rouge, un rouge qui devrait symboliser la honte de notre agriculture moderne, où des semi-remorques trimbalent des tomates… vertes. Prochainement, jetez un œil à une salade de brasserie : elle illustre cette quête désespérée de qualité. Un chef qui s’installe n’est pas d’abord préoccupé par le personnel ou la communication, mais par la provenance de ses tomates. Dans ce paysage anxiogène qu'est la gastronomie actuelle, la marque offre un certain réconfort. C’est alors que l’on se précipite, soulagé par l’assurance qu’elle procure. Des enseignes comme Armani Caffè ou Ralph Lauren, avec la promesse de produits de qualité, nous rassurent. Qui sait, peut-être que bientôt nous dégusterons des Banana split Eminence, du jambon Dior, ou du saumon sauvage Hermès, le tout méthodiquement formaté selon les tendances.
Fini de se lamenter les papilles en émoi. Voici une excellente adresse à ne pas manquer : Rino, situé au 46, rue Trousseau à Paris (tél. : 01 48 06 95 85). Pour environ 35 €, cette adresse promet une expérience culinaire joyeuse, loin de l’inaccessibilité de certaines tables.







