Avec la montée des températures et les périodes de sécheresse, le recours à l'eau de pluie devient incontournable. Mais quelles sont les possibilités et limitations liées à son utilisation ? Notre enquête fait le point.
Peut-on la boire ?
L'eau de pluie n'est pas potable. Elle ne respecte pas les normes de qualité exigées par le Code de la santé publique, car des contaminations par des pesticides et des hydrocarbures peuvent être présentes. Marillys Macé, directrice du centre d'information sur l'eau (CIEAU), est catégorique : "Sa consommation comporte des risques pour la santé." Selon l’arrêté du 21 août 2008, il est interdit de boire, cuisiner ou faire la vaisselle avec cette eau. Bien que la potabilisation à domicile soit théoriquement possible, Marillys Macé souligne que cela nécessite des traitements complexes et des installations professionnelles.
L'eau de pluie à l'intérieur : comment l'exploiter ?
Good news : l'eau de pluie peut être utilisée pour les tâches ménagères. Il est tout à fait légal de l'employer pour nettoyer les sols ou alimenter la chasse d'eau. Pour cela, il est primordial d'installer un double circuit d'eau afin d'éviter toute contamination croisée. "Le risque est de retrouver des eaux usées dans le robinet !" avertit la spécialiste. Les zones de distribution d'eau potable et d'eau de pluie doivent être bien séparées et étiquetées. Par ailleurs, tenir un cahier de suivi de l’installation est recommandé, notant les détails sur le système, les entretiens et les vérifications mensuelles. Pour l'intérieur, il est conseillé de récupérer des eaux grises, comme celles de la douche, pour alimenter les toilettes.
Utilisations extérieures de l’eau de pluie
La réutilisation des eaux de pluie est des plus avantageuses pour l'extérieur. En vertu de l’arrêté de 2008, aucune restriction n'empêche son usage pour des activités extérieures. Arrosez votre jardin ou lavez votre voiture à volonté !
L'importance et les enjeux de la récupération
Réutiliser l'eau de pluie représente un geste écologique significatif. Cependant, Marielle Montginoul de l'INRAE met en lumière certaines difficultés, notamment liées aux sécheresses qui compromettent l'efficacité du système de récupération. Le coût d'acquisition d'une cuve de stockage est également à prendre en compte, se chiffrant entre 8 000 et 13 000 €. Malgré ces obstacles, les avantages sont notables : les individus se rapprochent de leur environnement, prenant conscience de la qualité de l'eau. En espérant une évolution réglementaire, Emmanuel Macron a récemment présenté un plan pour l'eau, se concentrant sur le traitement des eaux usées, avec un objectif d'augmentation de 1 % à 10 % de leur réutilisation d'ici une décennie.







