Le Relais, organisation essentielle dans la collecte et le tri des produits textiles, a récemment fait savoir qu'il était forcé de diminuer significativement ses collectes et de supprimer 60 postes dédiés à l'insertion professionnelle. Cette annonce, faite ce mardi, s'accompagne d'une déclaration sur une "dégradasion devenue insoutenable de l'équilibre économique de la filière".
Dans son communiqué, Le Relais souligne que cette réorganisation entraînera une baisse d'environ 15.000 tonnes de textiles collectés, avec le retrait de plusieurs conteneurs de collecte. Selon le texte, "cette décision délicate vise à répondre à des mois de conditions d'exploitation de plus en plus difficiles".
Le secteur de la collecte et du tri de textiles, qui inclut la remise en usage des vêtements à travers des boutiques solidaires ou leur recyclage, fait face à des défis majeurs, notamment en raison de l'essor incessant de la fast fashion. Ce phénomène a considérablement augmenté le volume de vêtements proposés sur le marché, tout en diminuant la qualité des articles collectés.
"L'essor de la fast fashion a abouti à une surabondance de textiles de qualité inférieure, ce qui complique le réemploi, alourdit les frais de tri et menace la viabilité économique de l'ensemble de la filière," a déclaré Le Relais. ",ajoutant que certains coûts de collecte atteignent environ 250 euros la tonne, tandis que leur valorisation ne dépasse pas 150 euros par tonne.
Parallèlement, la conjoncture géopolitique actuelle accentue la hausse des coûts logistiques et énergétiques. Le Relais note que ses opérations de collecte soutenaient plusieurs centres de tri en Europe, mais les frais liés à ces activités excèdent désormais les recettes, entraînant une situation déficitaire chronique.
Un nouveau cahier des charges pour la filière est en préparation, avec une entrée en vigueur prévue pour le 1er janvier 2027. En France, près de 900.000 tonnes de vêtements, linge de maison et chaussures ont été mise sur le marché en 2024, soulevant d'importants défis en matière de gestion des déchets.
Le ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, a récemment fait remarquer que le développement de la "mode circulaire" pourrait générer plus de 30 milliards d'euros de chiffre d'affaires d'ici 2030, représentant un atout stratégique pour la compétitivité française.







