"Pourrie" dès le départ, l'enquête sur le meurtre de Grégory Villemin, retrouvé noyé dans la Vologne en 1984, est selon Me Berna totalement irrécupérable. Ce dernier a appelé à la suspension de cette enquête, qualifiant la situation de monumentale erreur judiciaire.
Me Berna rappelle qu'il n'était qu'un jeune homme à l'époque du crime, mais il se souvient que même les analyses de l'eau prélevée dans les poumons du petit garçon avaient été perdues. "C'était trop complexe pour mon grand-père", raconte-t-il.
Une enquête chaotique
Ce procès est entaché de nombreuses irrégularités. En mars 1985, Bernard Laroche, un des suspects, est assassiné. Cette année-là, la mère de Grégory, Christine Villemin, est inculpée avant d'obtenir un non-lieu en 1993. Le juge d'instruction Jean-Michel Lambert, impliqué dans l'affaire, se suicide en 2017, et plusieurs mises en examen ont déjà été annulées.
Me Berna déclare que ces 41 dernières années ont été marquées par des décisions judiciaires aberrantes, entraînant des dépenses exorbitantes en expertises. "Cela fait des millions d'euros pour rien", s'insurge-t-il, soulignant que la justice n'a jamais pu rattraper ces années d'erreurs.
"Cette affaire n'est plus résolvable", affirme l'avocat.
Les accusations contre Jacqueline Jacob
La grand-tante, suspectée d'être l'une des corbeaux ayant menacé la famille Villemin, a déjà subi diverses mises en examen, dont une pour "enlèvement et séquestration suivie de mort" en 2017, annulée pour vice de forme. La défense conteste cette nouvelle mise en examen pour association de malfaiteurs et invoque la prescription des faits.
Les enquêteurs se basent sur une expertise désignant Jacqueline Jacob comme l'auteure de plusieurs lettres anonymes, dont certaines contiennent des menaces directes. Cependant, les tests stylistiques continuent d'alimenter le débat, ajoutant à la confusion qui entoure cette affaire.
Me Berna déclare : "On essaie de faire de Jacqueline Jacob un bouc émissaire. On veut clore cette affaire coûte que coûte, même si cela signifie désigner à tort." Cette déclaration illustre les frustrations d'une défense face à l'immobilisme de la justice dans cette affaire emblématique, toujours d'actualité 41 ans après le drame.







