Les infirmières et aides-soignantes, munies de panneaux arborant des slogans comme "un klaxon, un soutien", ont manifesté pour alerter les automobilistes près du centre gérontologique de Bellevaux, adossé au CHU de Besançon. Environ une trentaine de membres du personnel se sont rassemblés, avec certains déclarant leur intention de se mettre en grève, pour dénoncer le "manque d'effectifs" et les "conditions de travail dégradées", aggravées depuis la fusion de l'établissement avec le CHU de Besançon.
Des conditions de travail jugées insoutenables
Malgré les déclarations de la direction, qui a tenu à "clarifier les informations relayées" dans un communiqué de presse en affirmant qu'il n'y a pas eu de "baisse d'effectifs soignants" et que les effectifs ont même augmenté, le constat sur le terrain est différent. "On peut dire ce qu'on veut avec les chiffres, en attendant sur le terrain, tous les jours, on ne les voit pas se concrétiser", affirme Cindy Voinsson, aide-soignante et secrétaire générale adjointe du syndicat UNSA au CHU. Pour elle, le manque de personnel a conduit à des soins réduits à l’« urgent ». "Ce sont des toilettes vite faites, on appelle cela 'visage, main, fesses'. Parfois les soins se font à la chaine, ce qui entraîne des négligences", explique-t-elle.
Le service à domicile en difficulté
Le centre gérontologique de Bellevaux prend en charge 264 personnes âgées, dont 78 à travers le service de soins infirmiers à domicile (SSIAD). Selon les déclarations de la direction, ce service rencontre actuellement des difficultés et connaît un taux d'absentéisme en hausse. Une quinzaine d'aides-soignantes parcourent les routes de Besançon pour rendre visite aux personnes âgées, mais "l’été, il nous manquera cinq infirmières", constate Charlène, aide-soignante depuis quatre ans. La difficulté à recruter des intérimaires qualifiés, les compétences requises et l'autonomie exigée pour ces postes posent également problème. "Certaines consultations pour des personnes âgées encore en forme sont annulées. On se retrouve à devoir agir de manière optimisée", confie une source au sein de l'établissement.
Face à cette situation, des familles de résidents ont adressé un courrier à la direction pour faire part de leurs préoccupations. Cependant, jusqu'à présent, aucune réponse n’a été fournie, laissant les familles dans l'incertitude.







