L'épineux dossier de la réforme des retraites refait surface. La question se pose : doit-on travailler jusqu'à 64 ans ? Les opinions divergent, entre l'avocat d'une nécessaire réforme économique et le représentant d'une justice sociale indispensable.
Une nécessité économique
Christian Saint-Étienne, économiste et professeur au CNAM, évoque le relèvement de l'âge de départ à la retraite comme une mesure incontournable. Selon lui, cela permettrait non seulement de restaurer l'équilibre de notre régime de retraite, mais également d'accroître le taux d'emploi dans une Europe où d'autres pays ont déjà franchi le cap de 65, voire 68 ans.
Il affirme que cette réforme pourrait engendrer un gain de 14 milliards d'euros par an et qu'elle devrait être envisagée avec un allongement de la durée de cotisation, afin de tenir compte des parcours professionnels variés. Par exemple, ceux ayant commencé à travailler à 18 ans pourraient partir à 62 ans sans pénalité.
- Deux clés pour réussir : passage à 64 ans et 44 ans de cotisation.
- Mesures d'accompagnement pour une transition sociale juste.
Saint-Étienne note cependant qu'une telle réforme ne doit pas être imposée brutalement et doit être assortie de mesures visant à prendre en compte la pénibilité au travail, ainsi que des incitations pour les parents et les étudiants avec de longues études.
Une injustice sociale ?
Frédéric Sève, secrétaire national de la CFDT, s'oppose fermement à cette réforme, citant trois raisons principales. D'abord, il remet en question l'argument économique en soulignant que beaucoup de travailleurs n’atteignent pas l'âge de la retraite en emploi. Prolonger l'âge légal ne ferait qu'allonger la période d’inactivité pour les plus vulnérables, engendrant ainsi des coûts supplémentaires pour les régimes d’assurance-chômage et maladie.
De plus, il souligne que relever l'âge légal de départ à la retraite aggraverait les inégalités entre ceux ayant débuté leur carrière tôt et ceux ayant effectué de longues études. Les personnes moins qualifiées rencontreront davantage de difficultés à rester employables.
- Les inégalités exacerbées entre les travailleurs selon leurs parcours.
- Un timing inopportun pris par le gouvernement, en pleine reprise économique.
Pour Sève, la concertation des partenaires sociaux indique une action plus prudente est souhaitable dans le contexte actuel. Alors que la crise sanitaire amène encore des défis, il met en avant la nécessité de se concentrer sur la qualité de vie au travail avant d'exiger un allongement de la durée de cotisation.







