Face aux violences conjugales, certaines banques ont mis en place des comptes bancaires spécialement conçus pour accompagner les victimes. Cet article explore leur fonctionnement et les modalités d'ouverture.
Les violences conjugales se manifestent sous différentes formes, y compris les violences économiques. Selon Vie publique, ces violences économiques peuvent amener à un contrôle financier oppressant, ridiculisant ainsi l'autonomie des victimes. Cette emprise peut se traduire par l'appropriation des ressources du foyer, de sorte que la victime se retrouve dépendante, même pour des dépenses quotidiennes. Pour aider ces personnes, certaines banques proposent des comptes spécifiques pour leur offrir une aide adaptée.
Les banques qui offrent des comptes dédiés aux victimes
Depuis l'adoption de la loi Létard le 28 février 2023, plusieurs banques ont pris l'initiative d'ouvrir des comptes pour les victimes de violences conjugales. La Caisse d'Épargne Bretagne Pays de Loire a été pionnière en permettant aux victimes d'ouvrir un compte en toute discrétion par téléphone ou mail. Ce compte est gratuit pendant deux ans et inclut une autorisation de découvert de 300 euros pour un accès immédiat aux fonds. Les intéressés peuvent contacter la banque au 02 22 93 20 22 ou par mail à aide.universelle@cebpl.caisse-epargne.fr.
La Caisse d’Epargne Grand Est Europe a également lancé une offre similaire, accessible en appelant le 09 69 320 664. De plus, la Caisse d'Epargne Hauts de France a récemment introduit un dispositif similaire depuis le 25 novembre dernier, avec la possibilité d'ouvrir un compte en contactant le 09 84 98 02 10.
À partir du 1er juillet 2024, les caisses de Crédit Mutuel des 14 fédérations de Crédit Mutuel Alliance Fédérale, ainsi que toutes les agences du CIC, offriront un compte personnel gratuit pendant un an, totalement confidentiel et non relié à l'adresse commune des victimes.
Pourquoi est-ce urgent ?
Un sondage effectué par la Caisse d'Épargne Pays de la Loire et l'Institut des Territoires révèle que plus d'un quart des Français sont touchés par les violences économiques. En particulier, 29 % des femmes affirment être réalisées victimes de ce type de violence. Le même sondage montre que 20 % des femmes subissent une appropriation de leur argent par leur partenaire, tandis qu'une sur dix a ses factures toujours à son nom, sans qu’elle ait son mot à dire.
Ces comptes permettent aux victimes de gérer leur argent en toute discrétion, contribuant ainsi à leur autonomie.







