Un tribunal fédéral de Californie a entamé la sélection du jury pour un procès très médiatisé, opposant Elon Musk à Sam Altman, le patron de l'illustre OpenAI, qu'il accuse d'avoir trahi les idéaux initiaux de leur projet commun.
Cette bataille judiciaire, qui durera environ quatre semaines, soulève des questionnements cruciaux sur les responsabilités entourant l'intelligence artificielle : qui détient réellement le contrôle et quel en est le but ultime ?
Des militants, également critiques envers Musk, se mobilisent pour manifester leur désaccord, affirmant que peu importe le résultat du procès, ce sont les citoyens qui seront finalement lésés.
Avant même l'ouverture officielle des débats, Sam Altman s'est présent pour le procès, bien que le verdict soit consultatif, la décision finale revenant à la juge Yvonne Gonzalez Rogers.
L’histoire d'OpenAI débute en 2015, lorsque Sam Altman réussit à convaincre Elon Musk de co-fonder ce projet bénévole, promettant un avenir où la technologie serait accessible à tous. Musk y investit alors 38 millions de dollars.
Le schisme entre les deux entrepreneurs a eu lieu à la fin de 2017, et en 2019, OpenAI a pivoté vers un modèle commercial. Microsoft, qui a dès lors fortement investi dans OpenAI, y a injecté jusqu'à 13 milliards de dollars, une participation maintenant estimée à 135 milliards.
Dix ans plus tard, OpenAI est devenu une entreprise phare, évaluée à 852 milliards de dollars, envisageant son introduction en Bourse. Pendant ce temps, Musk a fondé xAI, une entité désormais intégrée à SpaceX, dont la valorisation atteint 1.250 milliards, positionnant ainsi Musk dans une quête pour une IPO historique.
La juge devra déterminer si OpenAI a trahi sa mission philanthropique, si elle a accumulé des richesses de manière injustifiée et si ses relations avec Microsoft enfreignent les règles de concurrence.
En plus du rétablissement du statut non lucratif d'OpenAI, qui bloquerait ses ambitions boursières, Musk exige le départ d'Altman et de Greg Brockman, président co-fondateur, tout en demandant de rompre les liens avec Microsoft, dont le CEO, Satya Nadella, devrait témoigner.
Musk, bien qu'ayant initialement réclamé 134 milliards de dollars, a décidé de renoncer à toute compensation personnelle. La juge a exprimé des doutes sur ce montant élevé, choisissant de déterminer elle-même l'éventuelle indemnisation, sans s'appuyer sur le jury.
Les documents internes d'OpenAI, dévoilant les tensions internes conduisant à l'éviction temporaire d'Altman fin 2023, ont été mis en lumière lors des procédures. La partie adverse cite le journal de Greg Brockman, celui-ci ayant noté à l'époque : "Si dans trois mois on devient une société commerciale, cela relèverait du mensonge".
OpenAI soutient que Musk était au courant de la nécessité d'une orientation commerciale et que la séparation a été exacerbée par son désir de contrôle.
L'entreprise argue que cette procédure constitue une manœuvre déloyale pour favoriser xAI, et a déposé des contre-plaintes. "Cette affaire est motivée par l'ego et l'envie", a déclaré OpenAI en avril dernier.
De plus, Shivon Zilis, une figure clé ayant des liens avec Musk, est attendue comme témoin, son intégrité étant mise en question par OpenAI, qui l'accuse de cacher sa relation. Cela pourrait influencer de manière significative l'orientation des débats.
Malgré une victoire symbolique dans l'ouverture de ce procès, Musk apparaît affaibli, la juge ayant restreint les plaintes admissibles et limité le rôle du jury à une simple consultation.







