La question se pose pour de nombreuses librairies : vendre des livres est-il encore suffisant ? Pour faire face à la baisse significative des ventes, beaucoup cherchent des alternatives en ajoutant des services tels que des cafés ou des espaces de loisirs créatifs.
Le marché du livre français traverse une période particulièrement difficile. D'après les chiffres d'Edistat relayés par Actualitte, la période de janvier à avril 2026 a enregistré une vente de seulement 75,66 millions d'exemplaires, une baisse de 10 millions par rapport à 2024.
Cette tendance alarmante a incité les librairies à diversifier leur offre, sujet qui sera discuté lors des Rencontres nationales de la librairie à Rennes, réunissant 1.200 professionnels du secteur ces prochains jours.
• Pourquoi se diversifier ?
Les librairies doivent composer avec des coûts de plus en plus élevés et une baisse de leurs revenus. "Elles souffrent de l'effet ciseaux : les ventes de livres neufs chutent tandis que les loyers et salaires, eux, augmentent", déclare Alexandra Charroin Spangenberg, présidente du Syndicat de la librairie française (SLF).
"Avec une marge de seulement 1%, la situation devient critique pour de nombreuses librairies."
Malgré la crise, la France continue de disposer d'un réseau de librairies indépendantes parmi les plus denses au monde, totalisant environ 3.400 points de vente.
• Comment attirer de nouveaux clients ?
Les libraires expérimentent diverses stratégies pour capter l'attention d'un public varié. Amanda Spiegel, libraire à Montreuil et vice-présidente du SLF, explique : "J'essaie de créer des passerelles entre différentes activités pour enrichir l'expérience client." Les rayons de livres sont souvent doublés par des sections de papeterie, loisirs créatifs, et même de jeux de société.
Par exemple, la librairie Maupetit à Marseille a récemment rénové son espace de 850 m² pour inclure un café et une galerie, un changement qui inquiète certains éditeurs. "Une librairie, c'est fait pour vendre des livres", rappelle-t-on dans le secteur.
• Café et livres, ça marche ?
Pour certaines librairies, ce modèle hybride fonctionne très bien, en particulier dans les zones rurales. Gaëlle Maindron, de Livres in Room en Finistère, déclare : "C'est un lieu de convivialité qui répond à une vraie demande." Sa librairie, tout en maintenant la vente de livres en tête de son chiffre d'affaires, bénéficie d'une marge accrue grâce à cette diversification.
"Gérer un café et être libraire demeurent des métiers distincts, mais c'est une nécessité actuelle", note Gaëlle Maindron.
Des projets similaires émergent dans des villes de moins de 15.000 habitants, où 56% des nouvelles librairies ont vu le jour récemment. À Paris, un nouveau concept de péniche littéraire sur les quais de la Seine promet des rencontres avec des auteurs, des lectures et même des ateliers créatifs.







