Au cœur d'une turbulente journée de procès à Madrid, un ancien ministre et proche de Pedro Sánchez, José Luis Ábalos, fait face à des accusations qui entachent la réputation du parti socialiste. Enveloppes d'argent et emplois fictifs, cette affaire met à mal l'image d'un gouvernement qui se présente comme intègre.
Jugée au Tribunal suprême de Madrid, la cause implique détournement de fonds et trafic d'influence, centrée sur des contrats opaques de vente de masques durant la crise du Covid-19. Le procès, qui a commencé ce mardi, s'annonce comme un moment charnière pour le gouvernement en place.
Aux côtés d'Ábalos se trouvent son ex-conseiller, Koldo García, et l'homme d'affaires Víctor de Aldama. Ensemble, ils sont accusés d'avoir exploité leur position pour favoriser des entreprises liées à ce dernier. Ce scandale secoue une formation politique qui, depuis huit ans, se présente comme le fer de lance de la lutte contre la corruption, ayant accédé au pouvoir grâce à une motion de censure contre Mariano Rajoy.
Les révélations émanant du procès sont gravissimes. Jéssica Rodríguez, l'ancienne compagne d'Ábalos, a témoigné de manière explosive, affirmant avoir reçu un poste fictif dans une entreprise publique et des paiements en espèces. Son témoignage est corroboré par d'autres, comme celui de Joseba García, le frère de Koldo, qui a confirmé avoir récupéré de l'argent au siège du Parti socialiste, selon des informations relayées par El Nacional.
Les témoins à la barre, dont 75 au total, incluent des hauts responsables du PSOE. L'audience s'est ouverte avec des déclarations de personnalités comme Francina Armengol, présidente du Congrès, et le ministre Víctor Torres, révélant la complexité des liens entre les accusés.
Répondant aux questions des journalistes, la ministre Elma Saiz a défendu le parti en établissant que des mesures sont prises pour restaurer la confiance des électeurs, tout en précisant que le comportement de tous ne peut être prédit.
Le procès arrive dans un contexte difficile pour les socialistes, avec plusieurs revers électoraux récents et une campagne régionale à venir. L'opposition ne perd pas de temps pour exploiter cette situation, appelant à la démission de Pedro Sánchez, soulignant les liens d'amitié qu'il entretient avec les accusés.
Les enjeux sont d'autant plus exacerbés par les révélations de conversations enregistrées où les accusés discutent de rencontres avec des prostituées, un contraste frappant avec le discours féministe du parti. Santiago Abascal, leader de VOX, n'hésite pas à pointer du doigt ces contradictions.
Il est notable qu'Ábalos et García avaient joué un rôle essentiel dans le retour de Sánchez à la tête du PSOE en 2017. Leurs liens passés sont désormais appelés la "Bande de la Peugeot", en référence à une opération interne au parti. Quant à Pedro Sánchez, il se défend en affirmant n'avoir jamais été impliqué dans les activités incriminées et a pris ses distances avec ses anciens collaborateurs.
Cependant, le Premier ministre a également des défis à relever, avec des accusations touchant son frère David pour trafic d'influence, et sa femme, Begoña Gómez, impliquée dans une affaire distincte. Le climat judiciaire qui se profile pèse lourd sur la crédibilité du gouvernement socialiste.







