Alors que les élections législatives approchent, Viktor Orban, mal engagé dans les sondages, intensifie ses attaques contre l'Ukraine et l'Union européenne. Ce climat tendu crée une ambiance électorale anxiogène.
Dans les rues de Hongrie, le visage de Volodymyr Zelensky se retrouve sur d'innombrables affiches, donnant l'impression que le président ukrainien est lui-même candidat aux élections du dimanche 12 avril. Ces images frappantes s'accompagnent souvent du portrait de Péter Magyar, le leader du parti d'opposition conservateur Tisza, dont le message phare souligne la dangerosité des adversaires d'Orban tout en appelant à voter pour son parti, Fidesz.
Cette stratégie peut sembler brutale, mais elle illustre bien le plan de campagne de Viktor Orban, alors que Péter Magyar attend près de 50% des voix tandis qu'Orban ne dépasse pas les 39%. Les données proviennent d'une analyse des sondages réalisée par Politico. Au fil des ans, le Premier ministre, engagé dans un rapprochement avec Moscou, a multiplié les critiques vis-à-vis de Kiev. La situation s'est intensifiée notamment après l'interruption des livraisons de pétrole russe via l'oléoduc Droujba. L'Ukraine, selon Orban, retarde délibérément les réparations nécessaires, exacerbant ainsi les tensions.
De plus, en mars dernier, Orban a bloqué un prêt de 90 milliards d'euros destiné à l'Ukraine, une décision qui a entraîné des tensions avec d'autres pays de l'UE. Cette attitude lui permet de se positionner comme un leader fort devant son électorat.
"Ce n'est pas le moment de changer"
Lors de ses discours en meeting, Orban ne manque pas une occasion de pointer du doigt l'Ukraine, évoquant un danger imminent aux frontières hongroises. À Ocsa, il rappelle à ses partisans que voter pour Fidesz est la "seule garantie" de ne pas voir des fonds nationaux envoyés à Kiev. Son mantra reste ferme : "Pas d'hommes, pas d'armes, pas d'argent" pour l'Ukraine.
Puis, jouant sur le désir de stabilité, il déclare : "Désolé les jeunes, mais l'expérience est essentielle en ces temps incertains. Ne prenons pas de risques inutiles". Lorsqu'il aborde l'envoi d'aide à l'Ukraine, il affirme qu'"aucun argent hongrois ne devrait être gaspillé à Donetsk".
Viktor Orban utilise cette tension avec Bruxelles comme un fil conducteur de sa campagne, bien que les millions d'euros suspendus par la Commission européenne suite aux violations de l'État de droit pèsent lourdement sur l'économie du pays.
"La Hongrie ne peut résister qu'avec un gouvernement national, qui sait dire non. C'est la bataille que l'on doit mener à Bruxelles."
Viktor Orban, Premier ministre hongrois, lors d'un meeting à Ocsa







