Avec les images de femmes iraniennes déambulant tête nue à Téhéran, une tendance émergente qui interpelle, se dessine un tableau complexe. Bien que ces femmes affichent une audace sans précédent, les restrictions liées au port du voile demeurent une réalité imposée par les autorités.
Elnaz, une jeune peintre de Téhéran, évoque cette ambiguïté : "Ne vous y méprenez pas : cela ne signifie en rien un changement de cap du gouvernement. Aucun progrès n’a été réalisé concernant les droits des femmes. Même si les femmes sortent sans voile, la liberté individuelle est toujours entravée", précise-t-elle à France 24.
Application nuancée de la loi
Depuis la Révolution islamique de 1979, l'obligation de porter le hijab est en vigueur. Cependant, de nombreux quartiers de Téhéran montrent une certaine tolérance, surtout après les manifestations survenues suite à la mort de Mahsa Amini en 2022. Zahra, une mère de famille de 57 ans, confie : "Il y a trois ans, cela paraissait utopique. Je ne porte plus le voile, un choix que j’aurais aimé avoir plus tôt".
Cependant, dans d'autres villes comme Mashhad, l'application de la loi est encore très stricte, comme l'indique Mahsa, étudiante de 32 ans. "Nous ressentons moins de changements ici, et l'interdiction d'entrer sans hijab reste en vigueur", souligne-t-elle.
Pression institutionnelle et résistance
Les droits des femmes continuent d'être limités, avec des arrestations massives signalées par Amnesty International lors des manifestations. "Les autorités continuent d'exerce une pression énorme sur celles qui osent défier l’obligation du hijab", indique l'ONG. Shahrzad, femme au foyer, mentionne également cette manipulation médiatique : "Des images de femmes sans hijab sont diffusées, mais elles sont souvent accompagnées de discours de soutien au régime".
Une réalité mitigée
Dans la réalité quotidienne, certaines femmes continuent à porter le hijab par choix, tandis que d'autres se battent pour leurs droits. "Nous avons payé un coût énorme pour en arriver là", explique Zahra, rappelant les répressions de 2022. Les cafés qui s’aventurent à laisser entrer des femmes sans hijab font face à de lourdes sanctions. Negin, propriétaire d’un café à Téhéran, insiste : "Les amendes et les fermetures sont encore notre quotidien. Quand ils parlent de liberté, ça me met en colère. Cela reste une illusion."
Alors que la société iranienne commence à évoluer lentement, les femmes continuent de naviguer entre bravoure et défi. "Nous sommes coincées entre le système et une société conservatrice", conclut Elnaz, en nous rappelant que l'avenir reste incertain.







