Le cimentier Lafarge et ses huit co-prévenus, dont l’ancien PDG Bruno Lafont, ont annoncé, le 28 avril, faire appel de leur condamnation pour financement du terrorisme en Syrie. Le tribunal les a reconnus coupables d'avoir versé 5,6 millions d'euros à des groupes armés entre 2013 et 2014 pour maintenir la cimenterie de Jalabiya en activité.
La cour d'appel de Paris a été saisie suite au verdict du 13 avril, où le tribunal correctionnel a infligé des sanctions sévères. Lafarge a été reconnu coupable d'avoir eu des relations compromettantes avec des organisations terroristes, et condamné à une amende maximale de 1,125 million d'euros, ainsi qu'à payer conjointement une amende de 4,57 millions d'euros en raison de violations des sanctions financières internationales.
Outre Lafarge, sept anciens responsables ont également été jugés. Parmi eux, Bruno Lafont a écopé de six ans d’emprisonnement ferme, tandis que son ancien bras droit, Christian Herrault, a reçu une peine de cinq ans. Les juges ont estimé que ces individus avaient agi avec “mauvaise foi”, des griefs qui continuent de soulever des débats au sein de la communauté d'affaires et des ONG.
Les implications d'un jugement fortement critiqué
Ce jugement est considéré comme une victoire symbolique pour de nombreuses ONG, telles que Sherpa et ECCHR, qui le décrivent comme un pas décisif contre l'impunité des multinationales. Les ONG ont accueilli le verdict avec enthousiasme, affirmant qu’il pourrait servir d’exemple pour d'autres entreprises confrontées à des accusations similaires.
Les avocats de Lafarge, tout en contestant le jugement, soulignent qu'il a été pris dans un contexte de guerre complexe où la survie de l'entreprise était en jeu. Certains experts, tels que Lucien Lévy, analyste en géopolitique, estiment que cette histoire met en lumière le dilemme éthique auquel sont confrontées les entreprises opérant dans des zones de conflit.
Alors que le procès en appel se prépare, cette affaire soulève des questions fondamentales sur la responsabilité des entreprises en matière de droits humains et les limites de leurs engagements éthiques.







