Dans l'univers sombre des prisons russes, un jeune lieutenant ukrainien, surnommé « le bavard » par ses geôliers, a connu une fin tragique. Un ex-agent pénitentiaire, Alexeï, raconte comment il a été sévèrement maltraité après avoir trop parlé, subissant de terribles lésions avant de mourir en détention en octobre 2022, son corps peut-être enterré anonymement.
Les témoignages couverts par l'AFP révèlent une réalité glaçante : des milliers de militaires et civils ukrainiens sont victimes de violences physiques et psychologiques dans des centres de détention, tant en Russie qu'en Ukraine occupée. Des ex-prisonniers décrivent des expériences inhumaines, affirmant qu'ils ont été « brisés comme des chiots ».
Trois anciens membres de l'administration pénitentiaire, ayant fui le pays, confirment ces actes de barbarie, indiquant qu'ils agissaient avec une « carte blanche » reçue de leur hiérarchie. Selon l'ONG Gulagu.net, des rapports documentant ces abus montrent que la violence est systématique et orchestrée par les institutions pénitentiaires.
Des études, dont une rapportée par l'OSCE, signalent que 89% des prisonniers libérés ont subi des mauvais traitements, dont 42% témoignent de violences sexuelles. En outre, de nombreux détenus sont systématiquement isolés du monde extérieur, leur émotion et leur humanité mises à mal.
Iaroslav Roumiantsev, un ancien soldat, parle de la déshumanisation subie au sein des prisons, où il a été transféré dans des établissements notoires pour leur brutalité. Il évoque un processus systémique de casse psychologique visant à montrer la puissance de l'État russe sur ceux qu'il considère comme des ennemis.
La situation des prisonniers ukrainiens s'est intensifiée avec l'invasion de l'Ukraine. Un rapport officiel a révélé au moins 143 décès confirmés de détenus ukrainiens dans les prisons russes. Actuellement, près de 7 000 prisonniers ukrainiens seraient entre les mains des autorités russes, sans perdre de vue les civils, dont le nombre atteint plus de 15 000.
Témoignage de Sergueï, un ex-membre des forces spéciales russes, confirme l'absence de règles sur la violence, où tout était permis contre les prisonniers de guerre. Ce dernier, ayant désapprouvé ces actes, a quitté son poste, soulignant que beaucoup de ses collègues prenaient plaisir à infliger des souffrances.
Les méthodes de torture rapportées incluent des abus physiques cruels comme l’électrocution, les simulateurs d'exécution, et des privations alimentaires. Des anciens détenus décrivent des moments où ils ont été forcés de manger des aliments infestés ou où ils ont été soumis à des humiliations dégradantes.
Dans un rapport de 2023, un autre ex-agent de santé pénitentiaire évoque comment les violences étaient systématiquement couvertes par le personnel médical, ce dernier soumettant même certains détenus à des traitements médicaux humiliants. Des mots comme « Gloire à la Russie » ont été gravés sur la peau des prisonniers, marquant de manière indélébile les victimes.
Iaroslav témoigne aussi de la musique imposée en prison, les détenus forçant à chanter des chants soviétiques sous menace de punition. Ces récits renforcent l'idée selon laquelle l'humiliation et la peur sont des outils essentiels dans ce système répressif.
Enfin, les témoignages d'Aksinia Bobrouiko, une Ukrainienne en quête de nouvelles de sa mère détenue, mettent en lumière la détresse des familles. Avec peu de moyens pour communiquer, elles vivent dans l'incertitude, pourtant un réseau solidaire s'efforce de maintenir un contact minimal avec les prisonniers.
Les témoignages d'horreur décrivent une guerre non seulement sur le front, mais aussi dans l'ombre des geôles. Les voix qui s'élèvent portent la mémoire de ceux qui ont souffert, appelant à des responsabilités tant nationales qu'internationales pour mettre un terme à ces abus.







