Belfast est de nouveau le théâtre de la violence, ravagée par des scènes d'émeute lors d'une manifestation anti-immigrés, le mardi 9 juin. Ce rassemblement a vu des centaines de personnes, majoritairement masquées, se confronter à la police dans plusieurs secteurs de la capitale d'Irlande du Nord.
Les manifestations ont entraîné l'incendie d'un bus et de plusieurs voitures, tandis que des maisons ont été mises à feu, comme le montre la couverture de Sky News. À la périphérie de la ville, des résidents ont été évacués d'un immeuble en proie aux flammes. "Ils ont lancé des cocktails Molotov", témoigne Eemran, un ingénieur indien de 41 ans. "Soudain, le feu s'est propagé, la fumée envahissait le bâtiment, et les pompiers nous ont ordonné de sortir." L'arrivée de fortes pluies a permis de rétablir un semblant de calme aux alentours de 23 heures.
La manifestation faisait suite à une attaque au couteau survenue la veille, impliquant un réfugié soudanais qui a causé de graves blessures à un homme d'une quarantaine d'années. Ce dernier a été hospitalisé avec d'importantes blessures aux yeux et au visage, selon Ryan Henderson, le commissaire adjoint de la police nord-irlandaise. Un couteau de cuisine a été récupéré sur les lieux de l'agression.
Les autorités écartent pour l’instant la piste terroriste, bien que les motivations de l'agression demeurent floues. Une vidéo de l'attaque, largement diffusée sur les réseaux sociaux, montre une scène terrifiante, où l’assaillant est vu en train d'asséner des coups à sa victime au sol, avant que d'autres hommes n'interviennent avec une batte pour maîtriser l'attaquant.
L'homme suspecté de l'attaque, titulaire d'un permis de séjour valide jusqu'en 2028, est arrivé au Royaume-Uni en 2023, après avoir traversé la France et l'Irlande du Sud.
Dans un appel au calme, la Première ministre nord-irlandaise Michelle O'Neill a dénoncé les violences, en déclarant sur X : "Rien ne peut excuser ces attaques. Des groupes d'hommes masqués qui mettent en feu des maisons où vivent des familles ne sont rien d'autre qu'un acte de lâcheté répugnant." Cette prise de parole a été appuyée par d'autres acteurs politiques, dont le Premier ministre Keir Starmer qui a qualifié l’attaque d’"révoltante".
Des figures de l'extrême droite, comme Tommy Robinson, avaient mobilisé leurs partisans pour manifester à travers le pays, exacerbant encore la tension autour des questions d'immigration. Ce climat de violence et d’instabilité n’est pas nouveau à Belfast, où des émeutes anti-immigrés ont déjà eu lieu ces dernières années, notamment en juin 2025 et à l’été 2024. L'irruption de troubles à Belfast survient également à peine une semaine après des incidents violents à Southampton, où des manifestations avaient eu lieu en réponse à un meurtre tristement médiatisé.







