Ce jeudi 4 juin 2026, une quinzaine de personnes arborant des drapeaux de la CGT Educ'Action se sont rassemblées devant le rectorat de Dijon, accompagnées d'une banderole frappante portant l'inscription "Lentillères, collège mort". Une délégation a été reçue en fin d'après-midi pour discuter d'une situation alarmante affectant les enseignants de ce collège dijonnais. En effet, ils tirent la sonnette d'alarme concernant la perte de 100 heures d'enseignement dès la rentrée 2026, ce qui entraînera la fermeture de deux classes. Le manque de moyens pourrait également se traduire par un alourdissement des effectifs dans les classes de 6e et 4e.
Les enseignants craignent que certains d'entre eux ne soient contraints de partager leur temps entre plusieurs établissements, mettant ainsi en péril la continuité pédagogique. Suzana Salsas, professeur d'Espagnol, a qualifié cette réduction des dotations d'“inexplicable” : "La démographie diminue, nous aurions dû pouvoir alléger les classes pour mieux suivre les élèves", a-t-elle déclaré. Selon ses estimations, les classes de 6e et de 4e pourraient atteindre 30 élèves à la prochaine rentrée, alors que l'idéal serait de ne pas dépasser 23 ou 24 élèves par classe.
Une prise de conscience nécessaire
Delphine Pernet, professeur d'anglais avec 20 ans d'expérience aux Lentillères, a souligné que ces niveaux sont cruciaux : "La 6e et la 4e sont des classes charnières. Les élèves issus de petites classes de 20 risquent de vivre un choc en intégrant une classe de 30. De plus, la 4e est fondamentale pour préparer sereinement le brevet".
Les manifestants ont également exprimé leurs inquiétudes concernant le maintien des classes sport-études, des dispositifs importants pour les jeunes souhaitant pratiquer le football en lien avec le DFCO. "Nous attendons toujours des dérogations et, si elles ne sont pas accordées, nos futurs élèves pourraient être orientés vers d'autres établissements", a précisé Pernet.
Des promesses non tenues
À l'issue de la rencontre, une enseignante, résignée, a déclaré à ICI Bourgogne : "Cette audience a surtout servi à exposer notre situation et les spécificités de notre établissement. Bien que le Dasen ait indiqué qu'il nous avait entendus, il a précisé qu'il ne pouvait malheureusement pas accéder à nos demandes". Le directeur académique n’a pas souhaité commenter cette rencontre.
Cette situation soulève des questions sur l'avenir de l'éducation dans les établissements en difficulté particulièrement touchés par les politiques de réduction budgétaire. Les enseignants expriment leur désespoir face à ce qu'ils considèrent comme une dégradation inacceptable des conditions d'apprentissage. Des voix s'élèvent pour rappeler que l'éducation est l'une des pierres angulaires de notre société, et qu'il est vital de lui accorder les moyens adéquats.







