Face à l'augmentation des bactéries résistantes aux antibiotiques, le Parlement européen a voté une législation suprême incitant les éleveurs à réduire leur recours aux antibiotiques vétérinaires.
Ce texte, adopté par une majorité significative, vise à diminuer la présence d'antibiotiques dans les aliments des consommateurs. Les eurodéputés précisent que les antimicrobiens "ne doivent absolument pas être employés pour améliorer les performances des élevages ou compenser des manquements aux bonnes pratiques d'élevage".
Un traitement préventif contesté
Actuellement, il est habituel de traiter l'ensemble d'un troupeau lorsque l'un de ses membres est malade, afin d'éviter la propagation de la maladie. Cependant, cette pratique entraîne souvent une augmentation de l'antibiorésistance, car la viande issue de ces traitements se retrouve dans les assiettes des consommateurs.
Pour cette raison, les députés européens préconisent d'interdire l'administration collective et préventive d'antibiotiques. Ils soutiennent également des initiatives pour encourager le développement de nouveaux médicaments vétérinaires.
Une crise sanitaire à prendre au sérieux
"L'Organisation mondiale de la santé alerte sur le risque d'entrer dans une ère post-antibiotique où l'antibiorésistance pourrait causer plus de décès que le cancer chaque année. Nous devons agir rapidement et efficacement en abordant le problème à sa source", a déclaré Françoise Grossetête, l'une des rapporteurs du texte.
"Nous voulons notamment proscrire l'usage préventif d'antibiotiques, restreindre les traitements de masse à des situations bien précises et interdire l'utilisation d'antibiotiques essentiels pour la médecine humaine dans le domaine vétérinaire. Par ailleurs, il est crucial de stimuler la recherche et l'innovation tout en maintenant un arsenal thérapeutique suffisant pour les vétérinaires", a-t-elle ajouté.
Les discussions avec les États membres pour établir ces nouvelles régulations devraient commencer d'ici 2017. Une fois que les modalités auront été validées, les nouvelles règles seront mises en application deux ans plus tard.







