Pour ceux qui s'intéressent au flexitarisme et souhaitent diminuer leur consommation de viande, les alternatives végétales apparaissent alléchantes. Mais peuvent-elles réellement convaincre ? Voici des éclairages d'un expert en biologie.
Les fausses viandes ont fait leur entrée triomphale dans les supermarchés, les fast-foods et sur les plateformes de vente en ligne, se présentant sous de séduisantes promesses. Elles prétendent offrir le même goût, la même texture et le même plaisir que les produits d'origine animale, tout en contribuant à une production plus écologique.
Depuis décembre dernier, ces aliments dits « similicarnés » ont même reçu le feu vert pour utiliser des appellations telles que « steak », « bacon », ou « nuggets », rejoignant ainsi les références de la boucherie traditionnelle. Actuellement, malgré leur part modeste dans la consommation totale de viande (environ 1 %), plusieurs start-ups émergent sur ce marché, avec des projections indiquant que d'ici cinq ans, environ 10 % des viandes pourraient être d'origine végétale.
Un goût en constante amélioration
Si les premières alternatives végétales avaient leurs défauts, de notables progrès ont été réalisés. Des marques comme HappyVore et Planted ont développé des recettes qui offrent visuellement et gustativement des produits proches des originaux.
Les goûts ont été soigneusement travaillés, et une variété d'options s'offre désormais aux consommateurs.
Analyse de la composition
Des efforts significatifs ont été entrepris pour simplifier et améliorer la composition des produits disponibles en France. Autrefois, l'usage d'additifs et d'arômes artificiels était courant, mais de nouvelles recettes mise sur des ingrédients plus naturels.
Par exemple, les « veg'guillettes » de Kokiriki contiennent uniquement de l'eau, des protéines de soja et quelques épices. Les lardons de La Vie Foods se composent principalement de protéines de soja et d'huiles naturelles, un signe encourageant de la tendance vers des alternatives plus saines.
En outre, ces produits évitent souvent les nitrites et, dans la plupart des cas, sont non OGM. Bien qu'ils soient riches en protéines, leur teneur en glucides est souvent plus élevée que celle de la viande traditionnelle.
Calories et matières grasses : une comparaison nécessaire
Niveau calories, la différence est minime. Par exemple, le « bacon » de La Vie Foods apporte 218 kcal pour 100 g, tandis que la version porcine en comporte 210. Les graisses présentent également des niveaux similaires, avec une quantité de graisses saturées souvent inférieure dans les produits végétaux.
« Cependant, certains articles peuvent contenir des huiles riches en graisses saturées, comme l'huile de coco ou de karité. Une certaine vigilance est donc recommandée », avertit Fabien Badariotti, docteur en biologie.
Un bilan écologique favorable
« L'impact écologique des alternatives végétales est clairement positif, surtout comparé à l'élevage industriel de poules et de porcs qui est désastreux pour l'environnement », déclare notre expert. En effet, les produits végétaux, même transformés, semblent moins polluants et ne requièrent pas le sacrifice d'animaux.
Cette dimension éthique trouve un écho particulier auprès des jeunes générations, qui se montrent sensibles aux enjeux de bien-être animal, sans toutefois vouloir changer fondamentalement leur régime alimentaire. Toutefois, il est crucial de ne pas confondre la dynamique actuelle du marché des viandes végétales et le végétarisme des décennies passées, qui prônait des choix alimentaires plus simples et directs.
Faut-il adopter ces produits ?
Pour ceux qui envisagent d'intégrer ces alternatives à leur alimentation, le choix est crucial. Examiner attentivement la liste des ingrédients est essentiel : bien que certaines marques soient innovantes, d'autres peuvent contenir des additifs indésirables.
Selon Fabien Badariotti, « malgré leur origine végétale et un bon Nutri-Score, ces produits restent des aliments ultra-transformés, leur consommation devrait donc rester modérée, idéalement une seule portion par jour. »
Il est aussi important de noter que l'impact sur la santé de ces produits reste encore à établir. Ils doivent être inclus dans l'équilibre alimentaire, et les recommandations des autorités sanitaires sur la consommation de viande rouge et de charcuterie doivent être respectées.
> Coûts des alternatives : Ces produits, malgré leurs attraits, sont souvent onéreux. Par exemple, le kilo de « steaks » HappyVore coûte environ 19,95 €, soit le double du prix d'équivalents traditionnels en grande surface. Les marques s'adressent principalement à une clientèle aisée.
Notre expert : Fabien Badariotti, docteur en biologie, membre du conseil scientifique de l'Observatoire national de l'alimentation végétale.







