Dans sa réflexion, le sociologue Serge Guérin soulève un dilemme fascinant : bien que classés comme "inactifs" par les statistiques, les retraités s'avèrent être des acteurs essentiels de la citoyenneté. Cette étiquette n'est pas anodine, et mérite d'être réexaminée.
Une aspiration forte à la retraite
Les récentes manifestations et sondages sur la réforme des retraites révèlent une aspiration presque collective à quitter le monde du travail le plus tôt possible. Ce désir fait écho à une promesse historique, celle des rédacteurs du programme du Conseil national de la Résistance, qui ont œuvré pour la généralisation de la retraite à 65 ans après la Libération.
Retraités : acteurs sociaux souvent méconnus
Malgré une croissance exponentielle du nombre de retraités au cours des 80 dernières années, une forme d'invisibilité s'est installée. Ces "inactifs" s'impliquent activement dans la vie citoyenne : ils votent en masse, plus de 30% d'entre eux occupent des fonctions de maires et participent à divers mouvements sociaux, dont les gilets jaunes, où l'on a pu croiser aussi des gilets gris.
Un soutien inestimable pour la collectivité
Les retraités ne se contentent pas d’être des observateurs passifs. Leur engagement se manifeste à travers des actions de bénévolat ou d’entraide auprès de proches. Plutôt que de représenter un fardeau, ils se révèlent être de véritables acteurs de la solidarité et de la transmission des savoirs, enracinant ainsi le tissu social.
Serge Guérin, qui enseigne à l'Inseec SBE et est l'auteur d'Au service de la vie : les métiers du service à la personne, met en lumière cette dualité entre la perception et la réalité des retraités. Ils sont tout sauf déconnectés de la dynamique sociale, apportant une richesse inestimable à notre société.







