Les marchés boursiers européens ont clôturé la semaine en forte baisse, affectés par l'incertitude croissante suscitée par les tensions au Moyen-Orient. A l'inverse, Wall Street a atteint de nouveaux sommets, porté par un rapport sur l'emploi américain meilleur que prévu.
À New York, le Nasdaq a progressé de 1,40% et le S&P 500 de 0,79%, soutenus par le dynamisme des valeurs technologiques. Le Dow Jones, quant à lui, a enregistré un léger gain de 0,10%.
Les données officielles de l'emploi en avril révèlent que le taux de chômage reste stable à 4,3%, à proximité du plein emploi. Les États-Unis ont créé 105 000 nouvelles postes, excessivement au-dessus des attentes de 60 000, mais en retrait par rapport aux 185 000 emplois créés en mars.
Daniel Vernazza, économiste chez UniCredit, affirme que malgré les inquiétudes croissantes liées au conflit avec l'Iran, ces chiffres témoignent d'une résilience notable de l'économie américaine. Cependant, la progression plus faible que prévu des salaires pourrait indiquer une dynamique salariale moins inflationniste que redoutée, selon Florian Ielpo de Lombard Odier AM.
Le taux des obligations américaines a légèrement diminué, atteignant 4,36% pour les obligations à dix ans, tandis que le dollar a perdu un peu de terrain face à l'euro, établi à 1,1776.
En revanche, les Bourses européennes ont souffert de l'incertitude ambiante. Tous les indices ont clôturé dans le rouge, notamment Francfort (-1,32%), Paris (-1,09%) et Londres (-0,43%). La Bourse de Milan est restée stable.
Andreas Lipkow, expert chez CMC Markets, souligne que la situation au Moyen-Orient demeure floue et complexe, ce qui pèse sur les esprits des investisseurs. Des analystes comme John Plassard de Cité Gestion notent une réduction soudaine du risque sur le marché, particulièrement après des nouvelles décevantes concernant un potentiel accord entre Washington et Téhéran sur la réouverture du détroit d'Ormuz.
Les récents affrontements dans le Golfe compliquent les discussions en cours, bien que Donald Trump ait affirmé que la trêve reste en vigueur. Washington attend impatiemment une réponse de Téhéran à ses propositions visant à mettre fin aux hostilités et à rétablir la navigation dans la zone stratégique.
-Le pétrole reprend son envol-
Les tensions géopolitiques ont également contribué à une hausse des prix du pétrole, qui avaient chuté jusqu'à 5% précédemment. Le Brent a atteint 101,69 dollars le baril, un gain de 1,63%, tandis que le WTI a progressé de 0,92% à 95,68 dollars.
-Commerzbank restructure son personnel-
Du côté des entreprises, Commerzbank a annoncé un plan de départs affectant 3 000 employés, tout en réaffirmant sa volonté de rester indépendante face à l'offre de reprise hostile d'UniCredit, évaluée à 35 milliards d'euros. Pour 2026, elle a relevé son objectif de résultat net à au moins 3,4 milliards d'euros après avoir enregistré un bénéfice de 913 millions d'euros, en hausse de 9% par rapport à l'année précédente, ce qui dépasse les prévisions des analystes de Factset.
Malgré cela, le titre de Commerzbank a chuté de 3,98% à 35,44 euros à Francfort, signifiant un scepticisme persistant des investisseurs.
-Voyages numériques en difficulté-
Enfin, Expedia a subi une forte baisse de 7,03% à 235,01 dollars, victime de prévisions jugées décevantes pour le trimestre en cours. Ses résultats pour le premier trimestre 2026 n'ont pas réussi à répondre aux attentes des analystes, accentuant les craintes concernant la reprise post-pandémique.
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