Le verdict prononcé à la fin du mois de mars dernier a choqué une partie de l'opinion publique : Aurélie S. a été condamnée à 25 ans de réclusion criminelle pour avoir causé la mort de ses deux bébés, puis les avoir congelés. L'avocate a déclaré à l'AFP que c'était "une peine disproportionnée" après qu'Aurélie S. a été acquittée des chefs d'accusation de meurtre.
Aurélie S. avait été acquittée des meurtres de ses deux enfants par la cour d'assises du Vaucluse, mais reconnue coupable de privation de soins ayant conduit à leur mort, survenus en 2018 et 2019.
Une peine jugée excessive par l'avocate
Son avocate, Me Brès, a décrit le choc de sa cliente après le verdict : "Elle a été soulagée de l'acquittement pour meurtre, mais s'est effondrée lorsque la peine a été prononcée. 25 ans, c'est bien supérieur à la jurisprudence générale". La présidente du tribunal, Laurène Dorlhac, a mentionné qu'Aurélie S. avait montré "trop peu de remise en question" durant ses trois années de détention.
Une femme de quarante ans, ancienne militaire devenue mère au foyer, Aurélie élève seule ses trois filles à Bédoin, au pied du Mont Ventoux. Elle a perdu sa première fille, Allia, qui n'avait que deux jours. Selon son témoignage, la fillette serait morte après une chute, une explication contredite par les examens médicaux.
Le second bébé est né dans des circonstances tragiques : elle a accouché seule sur son canapé, en raison d'un déni de grossesse. La cause de décès a été déterminée comme étant une asphyxie, en partie due à l'absence de coupure du cordon ombilical. Les deux nourrissons étaient nés vivants, selon des experts médicaux.
Comparaisons avec d'autres affaires d'infanticide
Dans des affaires similaires, certains verdicts ont été atténués grâce à la reconnaissance de troubles mentaux chez les accusées. Par exemple, Dominique Cottrez a été condamnée à neuf ans de réclusion pour avoir tué huit nouveau-nés, en raison d’une altération de discernement reconnue par le jury.
D’autres cas tels que celui de Véronique Courjault, condamnée à huit ans pour avoir tué trois nouveau-nés, soulignent les disparités dans le traitement judiciaire des cas d'infanticide. Chaque cas étant unique, la société se demande où se situe la frontière entre la responsabilité criminelle et la détresse psychologique.







