À la rentrée de septembre, les portes du collège Bétharram ne s'ouvriront plus aux élèves. Cet établissement, devenu le symbole des atrocités subies par des centaines d'anciens élèves, s'apprête à clore une période sombre de son histoire.
La fermeture de l'établissement catholique, annoncée depuis plusieurs mois, a été confirmée par des sources du Parisien. Prévue pour marquer la fin de l'année scolaire 2025-2026, la fermeture sera effective dès ce vendredi 3 juillet. Ce déménagement symbolise davantage qu'un simple changement de lieu ; il représente la tentative de tourner la page sur un passé entaché de violences physiques, sexuelles et psychologiques.
Pour mémoire, l'établissement a été la cible de 217 plaintes émanant d'anciens élèves. Il avait déjà été annoncé qu'un transfert vers un autre site serait mis en place. Lors de la nouvelle rentrée, les 160 collégiens actuellement inscrits au sein de l'établissement seront accueillis sur un site à Igon, situé à seulement quatre kilomètres, où une école primaire et un lycée coexistent déjà. Guillaume Prévost, le secrétaire général de l’enseignement catholique, a déclaré : "Le collège de Lestelle-Bétharram va fermer, mais nous sommes prêts à accueillir l'ensemble de la communauté éducative dès la prochaine rentrée."
Le passé reste non résolu pour les victimes
Cependant, cette fermeture ne clôt pas le chapitre des souffrances liées à Bétharram. "Nous avons tourné la page du lieu, mais pas celle des victimes", a rappelé Guillaume Prévost. Le rapport Massias, publié le 22 juin, a révélé que le nombre potentiel de victimes pourrait varier entre 756 et 1 500, mettant en évidence la nécessité de mesures de réparation.
Guillaume Prévost a également précisé que ce déménagement visait à découpler la nouvelle approche éducative du lourd héritage de l'ancien collège. Ce projet s'inscrit dans une démarche plus large de mémoire et de réparation pour les victimes.
Un rapport de l'Institut français pour la justice transitionnelle (IFJD), publié le 20 juin, a révélé qu'entre 700 et 1 500 enfants scolarisés dans l'établissement entre les années 1950 et la fin des années 1990 auraient subi des formes de violences, qu'elles soient physiques, sexuelles ou psychologiques. Les chercheurs dénoncent un "système institutionnel de violences" ancré dans le temps, exhortant à un renforcement significatif des dispositifs d'écoute et de réparation pour les victimes.







