Un incendie dévastateur survenu mardi soir dans un dépôt de munitions à Bujumbura, la capitale économique du Burundi, a fait plusieurs dizaines de victimes, selon les informations communiquées par des sources sécuritaires à l'AFP. Les autorités, quant à elles, n'ont pas encore fourni de bilan officiel.
L'incendie, attribué à un "accident électrique", a éclaté dans l'arsenal du Camp base, un site stratégique situé au cœur d'un quartier densément peuplé du sud de Bujumbura, révélant la vulnérabilité des infrastructures militaires face à de telles tragédies.
Le Burundi, souvent classé parmi les nations les plus pauvres au monde selon la Banque mondiale, fait face à une grave crise économique exacerbée par une pénurie d'essence persistante. Depuis l'arrivée au pouvoir d'Evariste Ndayishimiye en juin 2020, le pays oscille entre une ouverture apparente et un contrôle strict du régime, avec des atteintes régulièrement dénoncées par des ONG et des observateurs internationaux.
Un haut responsable de l'armée, s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, a déclaré à l'AFP qu'il est "impossible d'établir un bilan précis" à ce stade, mais il a confirmé que "de nombreuses victimes, comptant des centaines, voire des milliers de blessés" ont été recensées.
Il a également signalé d'importants dégâts matériels, de nombreuses habitations ayant été touchées par des explosions. Un autre responsable de la police a corroboré ces affirmations, ajoutant que le bilan pourrait être encore plus lourd.
Sur les réseaux sociaux, le président Ndayishimiye a exprimé ses condoléances aux victimes de cette catastrophe. Spageon Ngabo, directeur de la plateforme Yaga Burundi, a rapporté une dizaine de décès basés sur des témoignages reçus.
Les explosions ont eu un impact considérable, atteignant même des quartiers éloignés. Des témoignages évoquent des projectiles tombés à plus de 10 km du site, générant une psychose parmi la population. Les autorités ont donc recommandé aux habitants de signaler toute munition non explosée plutôt que d'y toucher eux-mêmes.
Les familles sont en état de choc, avec de nombreux enfants portés disparus, comme en témoignent les annonces sur les réseaux sociaux. Les témoignages recueillis mettent en lumière la confusion et la détresse qui règnent au sein de la population, cherchant désespérément leurs proches dans le chaos de cette nuit tragique.
L'ampleur de la catastrophe souligne non seulement le besoin urgent de renforcer la sécurité autour des infrastructures militaires, mais appelle également la communauté internationale à surveiller les droits humains dans le pays, dans un contexte déjà fragile.







