Des édiles du Rassemblement national retirent les drapeaux européens, illustrant une hypocrisie manifeste.
À peine en fonction, le maire de Carcassonne a décidé de faire disparaître le drapeau européen du fronton de sa mairie. De même, la nouvelle maire de Canohès, dans les Pyrénées-Atlantiques, a rapidement descendu cette emblématique bannière d'étoiles d'or sur fond azur, imaginée par le Français Arsène Heitz il y a près de soixante-dix ans. Dans ces localités récemment remportées par le Rassemblement national (RN), cette drapeau, symbole d’unité européenne, a été relégué au second plan.
Ce geste va bien au-delà d’une simple mise en scène politique. À l’ère des réseaux sociaux, la décision de ces nouveaux élus reflète une approche rigide de la gouvernance, s’inspirant des pratiques populistes observées chez Trump : « Je décide, et ce que je considère comme néfaste doit disparaître ». Étrangement, Carla Mutti, maire de Canohès, a bénéficié du programme Erasmus durant ses études, tandis que Christophe Barthès, premier magistrat de Carcassonne, a reçu plus de 200 000 euros d’aides de la PAC. Malgré cela, il n’hésite pas à affirmer que « l’Europe n’a rien fait pour nous ».
Cette indécence s’étend à d’autres élus du parti de Jordan Bardella, qui lui-même tire profit du Parlement européen, parmi une cohorte de 80 élus du RN. Lorsque le député de l’Yonne, Julien Odoul, déclare que l’argent de Bruxelles « appartient aux Français », il serait opportun de lui rappeler qu'il a emporté cette même pensée au tribunal dans l’affaire des assistants parlementaires du RN, ce qui lui a valu une condamnation, comme le rapportent plusieurs médias français.







