En raison de son implication militaire en Ukraine et en Iran, la France doit impérativement renforcer les capacités de son armée pour assurer la sécurité nationale et celle de ses alliés. La situation est urgente.
Le conflit entre la coalition États-Unis-Israël et l’Iran, débuté il y a un mois, s'intensifie rapidement. Dès son commencement, les forces iraniennes ont étendu le conflit, visant leurs voisins du Golfe Persique et faisant grimper les prix du pétrole, transformant ainsi une crise régionale en problème mondial.
Un conflit qui s’internationalise rapidement
La France est désormais engagée en vertu des accords de défense conclus avec le Koweït, les Émirats Arabes Unis et le Qatar. Bien que sa posture soit défensive, la nécessité de protéger ces États, sous la menace d'attaques de missiles et de drones iraniens, entraîne des missions fréquentes pour ses avions Rafale. Chaque Rafale peut transporter jusqu'à quatorze types d'armements, y compris des missiles air-sol et des réservoirs supplémentaires pour prolonger son autonomie.
La situation est d'autant plus préoccupante que l'Iran produira en masse des drones à bas coût. Bien que la France ait déployé 20 Rafale dans la région et qu'elle envisage une consommation théorique de 80 missiles par jour pour chaque mission, les stocks de munitions se révèlent limités, et les conflits en Ukraine soulignent déjà la faible capacité de production nationale.
Une équation militaire et financière intenable
Le ministre de la Défense, Sébastien Lecornu, a récemment annoncé une commande de munitions s'élevant à 8,5 milliards d'euros, prévue à partir de 2026, ainsi qu'un plan de 300 millions pour revitaliser l'industrie militaire française. Il est clair qu'il est temps pour la France de concrétiser les promesses de son président, Emmanuel Macron, en entrant véritablement dans une économie de guerre, après des années de retards.
L’entrée tardive dans l’économie de guerre
Il est crucial que la France dote son armée des moyens nécessaires pour protéger le pays et ses partenaires. "Si nous voulons être indépendants, nous devons être capables de nous défendre par nos propres moyens", affirme le Premier ministre, révélant ainsi les défis de souveraineté auxquels fait face le pays. Il souligne également que la France est "entravée par ses propres lenteurs", ce qui reflète les préoccupations récentes du président au sujet des infrastructures militaires essentielles.
Avec un climat de sécurité national de plus en plus précaire, Lecornu propose la mise en place d’un régime d'"état d’alerte de sécurité nationale", impliquant une augmentation des stocks de munitions et la création de nouvelles installations. Le temps est venu pour la France d'adopter une véritable économie de guerre, en tirant parti aussi des financements possibles par l'Union européenne via le plan Safe pour un montant de 15,09 milliards d'euros, destinés à renforcer les capacités militaires pour une plus grande interopérabilité.
Il est essentiel que la France prenne des mesures concrètes pour s'adapter aux nouvelles réalités géopolitiques.
* Peer de Jong est ancien colonel des troupes de marine et vice-président de l’institut de géopolitique Themiis.







