Trois ministres grecs ont quitté leurs fonctions le 3 avril en raison de leur implication présumée dans un important scandale de fraude lié aux subventions agricoles de l'Union européenne. Cette décision a été rapportée par la télévision publique grecque, ERT.
Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a immédiatement initié un remaniement gouvernemental, dont le porte-parole a annoncé les détails. Parmi les changements notables, l'ancien commissaire européen Margaritis Schinas a été nommé ministre du développement rural et de l'alimentation.
Les démissions concernent notamment Kostas Tsiaras, ministre du développement rural, Ioannis Kefalogiannis, ministre de la crise climatique, ainsi que le vice-ministre de la santé, Dimitros Vartzopoulos. Ces informations ont été confirmées par plusieurs sources médiatiques.
Le parquet européen, qui enquête sur des détournements de subventions agricoles, a aussi demandé la levée de l'immunité de onze députés, tous membres de la Nouvelle Démocratie, le parti de Mitsotakis. Ce scandale, qui éclabousse le camp conservateur, est en cours d’examen depuis plus d’un an, et a déjà donné lieu à la démission d’un ministre en juin dernier.
Des dizaines de mandats dans le viseur
Dans sa quête de justice, le parquet européen a également lancé des investigations concernant cinq anciens parlementaires. En plus des onze députés actuellement en fonction, au moins deux autres mandataires font l'objet d'une enquête. Des dizaines de personnes ont été interpellées cet automne, soupçonnées d'être impliquées dans le détournement d'importants montants d'aides européennes.
Les accusations portent sur une fraude jugée « massive et systématique », ainsi que sur des activités de blanchiment d'argent, touchant directement le mécanisme de distribution des subventions aux agriculteurs à travers l’organisme Opekepe. Des millions d'euros destinés à l'agriculture en Grèce auraient été détournés, entraînant la dissolution de cet organisme par le gouvernement.
Selon des experts d'organisations anti-corruption, ce scandale pourrait avoir des ramifications significatives pour la stabilité politique en Grèce, et renforcer les appels à une transparence accrue dans la gestion des fonds européens. Le climat politique est donc de plus en plus tendu alors que les enquêtes se poursuivent. Comme l'indique le quotidien Le Monde, ce type de fraude pourrait également nuire aux relations de la Grèce avec l'UE.







