Les bureaux de vote ont ouvert en Hongrie, où 7,5 millions d'électeurs et plus de 500 000 Hongrois vivant à l'étranger sont appelés à choisir entre cinq formations politiques lors de ces élections législatives cruciales. Ces élections pourraient marquer la fin de la domination de Viktor Orban, au pouvoir depuis seize ans, et suscitent l'intérêt de la communauté internationale, notamment des capitales européennes et américaine.
Selon des sondages fiables, le mouvement Tisza, dirigé par le conservateur pro-européen Peter Magyar, apparaît comme le principal concurrent d'Orban. Magyar, ancien membre du Fidesz, a su rassembler un mouvement d'opposition significatif en seulement deux ans, à une époque où la popularité d'Orban est en déclin, reflet de la stagnation économique croissante, selon diverses analyses.
Bien que des institutions proches du gouvernement prévoient une victoire du Fidesz et de son allié KDNP, des signes d’inquiétude se font ressentir parmi les partisans de Viktor Orban. Le soutien marqué du président américain Donald Trump, avec la venue de son vice-président JD Vance à Budapest, souligne les enjeux de cette élection. Trump a exprimé son soutien à Orban, le plaçant comme un bastion traditionnel contre l'immigration et affirmant la défense de la « civilisation occidentale ».
En raison de ses politiques qualifiées de démocratie illibérale, Orban est devenu un modèle pour certains mouvements d'extrême droite au niveau mondial. Sa proximité avec le président russe Vladimir Poutine et ses critiques des sanctions européennes contre la Russie depuis l'invasion de l'Ukraine en 2022 renforcent encore sa figure controversée. Malgré cela, un diplomate européen a déclaré que « la plupart des États membres seraient plutôt heureux de se débarrasser d'Orban », signalant ainsi l'irritation grandissante de l'UE à son égard.
Le Premier ministre, qui a régulièrement défié l’Union européenne, se retrouve avec des milliards d'euros de financements gelés, en raison d’allégations de violations de l'État de droit. Durant sa campagne, Orban a promis de poursuivre sa répression contre « les fausses organisations de la société civile » et les « journalistes vendus », des promesses qui font écho chez certains analystes comme Andrea Szabo, qui affirme que sa réélection marquerait « un basculement vers l'autoritarisme ».
De son côté, Peter Magyar s'est engagé à restaurer la dignité des services publics, en mettant l'accent sur la santé et l'éducation. Il a rencontré un large public, promouvant un message de changement : « Donnez sa chance au changement ! » a-t-il exhorté lors d'un récent meeting, s'engageant à combattre la corruption et à revitaliser les institutions démocratiques tout en renforçant les liens de la Hongrie avec l'UE.







