Depuis trois saisons, les footballeuses évoluant en Première et Seconde Ligue réclament une avancée significative : l'instauration d'une convention collective pour réguler et protéger leur statut. Récemment, elles ont exprimé leur mécontentement, dénonçant le fait que "les sections féminines sont souvent les premières à subir des coupes" dans les clubs professionnels.
"Aujourd'hui, nous n'en pouvons plus de nous taire" déclare l'une des porte-parole des joueuses, martelant que les capitaines des équipes de ces ligues dénoncent le manque de progrès dans les discussions autour d'une convention collective tant attendue. Les négociations, inactives depuis trop longtemps, laissent les joueuses dans un flou inquiétant.
Le syndicat des joueuses, l'UNFP (Union nationale des footballeurs professionnels), ainsi que Foot Unis, qui représente les clubs, se renvoient la responsabilité de ce blocage, malgré la création de la Ligue féminine de football professionnel (LFFP) en juillet 2024, censée apporter une stabilité.
Une recommandation patronale relative à la protection en matière de maternité avait été adoptée, mais les progrès restent insuffisants. Les capitaines, dans une tribune parue dans L'Équipe, affirment : "Des efforts ont été réalisés depuis la création de la LFFP, mais il manque l'essentiel : une convention collective", soulignant la "précarité structurelle" imposée par l'absence d'un accord de base visant à protéger la santé et sécuriser les carrières des joueuses.
Une alerte face à une crise persistante
Le contexte est particulièrement difficile pour les sections féminines, impactées par la crise économique touchant plusieurs clubs masculins. La section féminine de Dijon, actuellement en cinquième position de la première division, pourrait perdre son statut professionnel si elle ne trouve pas de repreneur. "Dans le football professionnel français, les sections féminines sont souvent les premières à être affectées. Pendant que le football masculin progresse, nous sommes laissées à la traîne", déplorent les footballeuses.
Une pétition unie pour la justice
L'attaquante emblématique Eugénie Le Sommer, qui cumule 200 sélections avec l'équipe nationale, évoque un besoin urgent de reconnaissance pour les footballeuses. "Nous faisons face aux mêmes exigences et risques que nos homologues masculins, et nous ne devrions pas être privés d'une protection adéquate", soutient-elle. La capitaine du PSG, Sakina Karchaoui, partage cette analyse, rappelant que l’engagement des joueuses mérite une reconnaissance à sa juste valeur.
Malgré les échanges entre l'UNFP et les clubs, Vincent Ponsot, président de Foot Unis, rappelle que le principal point de blocage reste le droit à l'image. Les discussions sur d'autres sujets tels que les salaires de fin de carrière, les conditions de travail, ou encore la protection en cas de blessure avancent, mais un accord global reste nécessaire.
Un avenir incertain pour les footballeuses
Interrogé sur l'avenir des négociations, Fabien Safanjon, vice-président de l'UNFP, s'inquiète d'un traitement inégal. Trois organisations représentatives ont réussi à conclure un accord pour une convention collective dans la Ligue 3 masculine rapidement, ce qui met en lumière les défis auxquels sont confrontées les footballeuses.
Annonçant un besoin urgent de création de cette convention, Paul-Hervé Douillard, directeur de la LFFP, espère une résolution rapide, tout en admettant qu'aucune date précise n'est pour le moment arrêtée. La LFFP, bien que non décisionnelle, souhaite rassembler toutes les parties pour faire avancer ce dossier crucial.







