Le Pérou a pris la décision inattendue de reporter l'achat de 24 avions de combat de dernière génération, initialement prévu en octobre 2024 pour un montant atteignant 3,5 milliards de dollars. Ce choix a été pris par le gouvernement intérimaire à l'approche des élections, soulevant des craintes de représailles de la part des États-Unis.
Selon le président intérimaire José Maria Balcazar, cette décision de reporter l'accord devrait revenir au futur gouvernement qui sera élu en juillet prochain. « C'est au nouveau président de finaliser ce type d'achats », a-t-il déclaré sur la radio RPP, illustrant le climat d'incertitude qui règne actuellement dans le pays.
« Il n’y a pas encore d’achat »
Le contrat avec Lockheed Martin, entreprise responsable de la vente des F-16, devait être signé récemment à Lima. Pourtant, la situation politique instable du Pérou a conduit à cette décision de suspension. Balcazar a souligné qu'« il n'y a pas encore d'achat » et que le contexte électoral rend la situation encore plus complexe.
Cette suspension a provoqué une vive réaction de l'ambassadeur américain au Pérou, Bernardo Navarro. Il a exprimé sa frustration sur les réseaux sociaux, soulignant que si le Pérou engageait des négociations de mauvaise foi, il pourrait faire usage de mesures pour protéger les intérêts américains. Ce commentaire risque d'accentuer les tensions diplomatiques entre les deux nations.
Auparavant, avant que le choix ne se porte sur les F-16, le pays avait également reçu des propositions pour l'acquisition des Rafale français et des Gripen suédois, mais le comité d'évaluation a finalement opté pour le modèle américain. Actuellement, l'arsenal péruvien se compose de 12 avions Mirage 2000, complété par des MiG-29 et des Sukhoï-27, dont une grande partie n'est plus opérationnelle.
Les élections générales du Pérou, prévues pour juin prochain, notamment en raison de l'instabilité politique persistante, pourraient également influencer le futur de cet accord militaire crucial. Les observateurs s'interrogent sur les retombées de cette décision, tant sur le plan national qu'international.







