Dans un entretien poignant, le général (2S) Éric de Lapresle rappelle le prix élevé du sang versé par les armées françaises au Liban. La mort des soldats Montorio et Girardin résonne comme un écho tragique de l’engagement de la France dans le pays du Cèdre. De 2022 à 2025, de Lapresle a servi en tant que coopérant militaire aux côtés des forces armées libanaises. Pour lui, cet engagement est le reflet d’une loyauté ancestrale.
Les récents événements rappellent la réalité sombre que les militaires français affrontent quotidiennement. « Le travail de France au Liban est ponctué de succès, mais aussi de grande souffrance », affirme-t-il, exprimant sa tristesse face à ces pertes. La mort au combat est décrite comme le prix ultime, mais aussi immuable, de la loyauté envers la mission française, un engagement qui transcende la simple notion de devoir.
« La mort d'un soldat illustre la détermination d’un pays à mener à bien une mission sacrée », poursuit-il. Selon le général, la responsabilité de chaque perte repose aussi sur les choix politiques qui dictent les missions militaires. Le rôle de la France dans cette mission se double d’une promesse de liberté collective, incarnée par les casques bleus de la FINUL.
« La mort de nos deux camarades montre à quel point la France est active sur le terrain, malgré les challenges. »
La FINUL, créée pour contrôler le désarmement du Hezbollah, est souvent perçue comme en conflit avec les intérêts régionaux. Cependant, de Lapresle souligne que son mandat va bien au-delà. Il mentionne les efforts de formation des forces armées libanaises et d’assistance humanitaire comme des éléments cruciaux du travail de la FINUL, sans se laisser décourager par les opinions ambivalentes sur cette mission.
Face à des critiques croissantes de la part d’Israël et d'une partie de la communauté internationale, la présence française est vue comme un emblème d'une plus grande histoire de coopération. « Cette présence n’est pas simplement un vestige, mais une illustration de notre engagement avec le Liban » explique-t-il. Alors que certains redoutent une perte de souveraineté, le général se veut rassurant : il y a une réelle affection entre les peuples français et libanais, malgré les circonstances désastreuses que traversent ces communautés.
Avec des tensions pouvant resurgir à tout moment, la mission française reste un pilier essentiel pour maintenir une paix fragile. « Nos soldats continueront à œuvrer, non seulement pour leur pays, mais aussi pour la liberté et la dignité des Libanais » conclut de Lapresle, soulignant que chaque soldat, qu’il porte un béret bleu ou non, demeure un guerrier de la paix dans l'âme.







