Après des problèmes logistiques alarmants observés sur le front de Kharkiv, l'état-major ukrainien a annoncé le 24 avril le limogeage de plusieurs hauts responsables militaires. Ces mesures font suite à des accusations de graves défaillances sur le terrain.
Les commandants du 10e corps et de la 14e brigade mécanisée indépendante, deux unités essentielles dans le secteur de Koupiansk, sont désormais sous le feu des critiques. Selon des informations relayées par le Kyiv Independent, ces officiers sont soupçonnés non seulement d'avoir perdu des positions face aux forces russes, mais également d'avoir dissimulé la réalité de la situation à leur hiérarchie.
Des soldats "contraints de boire de l’eau de pluie"
L'état-major a mis l'accent sur un soutien matériel insuffisant aux troupes en première ligne. Des soldats, selon les témoignages de proches relayés par Le Monde, auraient été laissés sans nourriture ni eau pendant plusieurs jours. Une situation particulièrement dramatique mise en lumière par la fille d'un militaire qui a diffusé des images de soldats émaciés sur les réseaux sociaux. "Les soldats, affectés au 2e bataillon de la 30e brigade mécanisée, s’évanouissaient de faim et étaient contraints de boire de l'eau de pluie", rapportent nos confrères.
Un autre témoignage provenant de l’épouse d'un soldat confirme des retards alarmants dans les livraisons de provisions et de matériel médical nécessaire.
Une enquête interne en cours
Face à l'urgence de la situation, de nouveaux responsables ont été nommés. Le colonel Taras Maksimov a pris les rênes de la 14e brigade, chargé d'améliorer l'acheminement des vivres et de gérer la relève des soldats épuisés. Parallèlement, un nouveau commandant de corps d’armée a été désigné pour superviser les opérations sur le terrain.
À Koupiansk, les frappes russes continuent d'impacter sévèrement les lignes logistiques, endommageant des points de passage clés sur la rivière Oskil. Cela a nécessité des solutions alternatives pour l'approvisionnement, utilisant des embarcations et des drones, renforçant ainsi la précarité de la situation. Une inspection approfondie des conditions de déploiement et de ravitaillement des troupes est actuellement en cours.







