La justice militaire en Chine a rendu un verdict marquant ce 7 mai, en condamnant Wei Fenghe et Li Shangfu, anciens ministres de la défense, à la peine de mort avec sursis, pour des violations graves liées à la corruption. Ce jugement, rapporté par Chine nouvelle, constitue l'une des mesures les plus rigoureuses appliquées à des figures de haut rang depuis le début de la campagne anticorruption lancée par Xi Jinping en 2012.
Wei Fenghe (72 ans) et Li Shangfu (68 ans), qui ont occupé leur poste entre 2018 et 2023, purgeront au minimum deux ans d'emprisonnement, après quoi ils seront exécutés avec une réclusion à perpétuité, sans possibilité de réduction de peine ni de libération conditionnelle. Cette sanction a été décrite par les analystes militaires comme un signal fort dans la lutte continue contre la corruption qui gangrène l'institution militaire en Chine.
Habitués des émissions de télévision, où ils figuraient aux côtés d'autres officiels, ces hommes étaient auparavant membres de la redoutable Commission militaire centrale (CMC), sous l'autorité directe de Xi Jinping. Ils ont été condamnés pour avoir accepté des pots-de-vin et d'autres formes de corruption, bien que le détail des malversations n'ait pas été précisé par l'agence Chine nouvelle.
Les conséquences pour ces ex-ministres vont au-delà des peines carcérales, car ils perdent également tous leurs droits civiques et voient leurs avoirs personnels saisis. La lutte contre la corruption s'est intensifiée dans l'armée, et cette affaire s'ajoute à une série de condamnations qui ont touché d'autres hauts responsables militaires dans le passé, tel que Guo Boxiong, ancien vice-président de la CMC, condamné à perpétuité en 2016 pour des faits similaires.
Dans un contexte où la corruption a longtemps pourri les fondements de l'armée, des enquêtes récentes, comme celle visant Zhang Youxia, un proche de Xi Jinping, démontrent que cet enjeu reste au cœur des préoccupations du régime. Des experts estiment que le renforcement de ces mesures pourrait indiquer une volonté de Xi de resserrer son contrôle sur l’armée tout en nettoyant les rangs de personnes jugées indésirables.







