La découverte d'un drone chargé d'explosifs mercredi 6 mai près de l'aéroport international de Bogotá, qui est également le site d'une base militaire, a confirmé les craintes croissantes face à la violence dans le pays. Selon les autorités militaires colombiennes, l'engin a été trouvé à seulement cinq kilomètres de la base aérienne de Catam, rendant l'incident d'autant plus préoccupant à l'approche des élections présidentielles.
Les tensions politiques s'intensifient en Colombie alors que le pays se prépare à l'élection du 31 mai, marquée par une montée de la violence des groupes armés. Les drones sont souvent utilisés par des guérillas, notamment l'Armée de libération nationale (ELN) et des dissidents des anciennes Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), pour mener des attaques ciblées contre les forces de l'ordre et les infrastructures militaires.
Des combats violents dans le sud-ouest du pays
Les informations sur la présence de ce drone ont été signalées par le parquet du Cauca, une région du sud-ouest du pays où des affrontements meurtriers entre l'armée et les guérillas persistent. Cette zone est tristement célèbre pour son agriculture illicite de coca, contribuant à la lutte interminable contre le narcotrafic.
Le Cauca est également le bastion d'Ivan Modrisco, un criminel notoire en désaccord avec le processus de paix de 2016, qui continue d'alimenter les conflits dans la région. Comme rapporté par Le Monde, cette dynamique prédit une escalade potentielle de l'usage des drones dans les conflits armés en Colombie.
Retour sur un attentat récent
Dans un contexte de violence persistante, l'EMC a revendiqué la responsabilité d'un attentat à la bombe survenu le 25 avril, qui a coûté la vie à 21 civils. L'organisation a justifié cet acte en affirmant qu'elle visait les forces militaires qui traquent ses membres.
Gustavo Petro, le président sortant, avait tenté d'entamer un processus de "pax totale", visant à établir des accords avec les groupes armés, mais il a échoué à obtenir des résultats concrets. Ivan Cepeda, un candidat socialiste et favori dans les sondages, a promis de reprendre ce dialogue afin de mettre fin à des décennies de conflits.
En revanche, les candidats de droite tels qu'Abelardo de la Espriella et Paloma Valencia prônent une approche plus militaire contre les groupes armés, promettant de ne pas chercher le dialogue. Les deux visions s'affrontent alors que le pays se rapproche d'un moment décisif dans son histoire politique.







