Si la réconciliation entre la France et l'Algérie n'est pas encore au rendez-vous, le climat s'améliore progressivement grâce aux initiatives des présidents Emmanuel Macron et Abdelmadjid Tebboune. Récemment, des personnalités clés telles que Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, et Alice Rufo, ministre déléguée aux Armées, ont contribué à cet apaisement diplomatique en se rendant à Alger.
Ce rapprochement est essentiel, surtout sur des questions délicates comme les expulsions d'Algériens en situation irrégulière en France. La tension a été exacerbée depuis que Macron a reconnu, en 2024, la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental. Cela a entraîné une crise diplomatique sans précédent, notamment avec la suspension par Alger des laissez-passer consulaires essentiels au retour de ses citoyens. Cependant, de récentes visites ministérielles laissent entrevoir une volonté de rétablir cette coopération diplomatique.
La situation est d'autant plus complexe que la dérive autoritaire du régime algérien se renforce, et la révolte populaire ayant conduit au départ du président Bouteflika semble n'être qu'un souvenir lointain. Bien que la libération du romancier franco-algérien Boualem Sansal ait été un geste positif, il ne faut pas perdre de vue que d'autres individus, comme le journaliste français Christophe Gleizes, restent emprisonnés. Cela pose la question cruciale : le rétablissement d'une relation stable entre Paris et Alger exige-t-il des concessions de la part d'Alger ?
Les tensions géopolitiques dans la région méditerranéenne, exacerbées par la menace islamiste, rendent essentielle une coopération sincère entre les deux nations. Pour que ce rapprochement survive, il sera impératif que des gestes significatifs soient faits de part et d'autre, notamment la cessation de la diplomatie des otages.
La diplomatie efficace se trouve à l'Élysée, pas à Beauvau.







