Drapeaux européens enlevés des bâtiments publics, coupures budgétaires aux associations jugées indésirables, cérémonies mémorielles annulées… À peine élus, plusieurs nouveaux maires du Rassemblement national affichent une volonté de rupture avec les pratiques précédentes dans leurs municipalités. De Carcassonne à La Flèche, leurs décisions ne laissent personne indifférent.
À Carcassonne, « dehors les drapeaux européens »
Christophe Barthès, élu maire à Carcassonne, a marqué le début de son mandat par un acte symbolique. Le 29 mars, il a filmé le retrait du drapeau européen de l'hôtel de ville, clamant : « Dehors les drapeaux européens. Place aux drapeaux français. » Depuis, une série de mesures aussi controversées les unes que les autres a pris forme : interdiction de la mendicité, réinstallation d'une statue de Jeanne d'Arc, et même l'arrêt de la subvention à la Ligue des droits de l'homme après un recours en justice.
Les syndicats, également, sont dans le viseur. Barthès a exigé des organisations (CGT, CFDT, FSU et SUD) qu'elles quittent les locaux municipaux, arguant que ces structures bénéficiaient trop longtemps du soutien des contribuables : « Profiter des largesses de ceux que l’on dénigre, c’est terminé. »
La Flèche : sécurité prioritaire, coupes dans le social et la culture
A La Flèche, Romain Lemoigne, le maire RN, présente un budget axé sur la sécurité, montant à 25 millions d’euros, qui inclut le recrutement de policiers et l’amélioration de l’éclairage public. Il déclare : « On ne subventionne pas les associations qui aident les migrants. » Cette politique se traduit par des retraits de financements, touchant durement des organisations comme ATD Quart Monde.
En matière culturelle, Lemoigne critique ouvertement les soutiens aux manifestations visant à faire connaître d'autres cultures : « La culture doit instruire sur nos racines françaises ! » Les conséquences sont déjà visibles, avec des subventions réduites pour des compagnies de théâtre travaillant avec des migrants.
Vierzon : arrêt de la commémoration de l’abolition de l’esclavage
À Vierzon, Yannick Le Roux, maire soutenu par le RN, a décidé d'annuler la cérémonie du 10 mai, dédiée à l’abolition de l’esclavage. Ses raisonnements budgétaires et la justification sur le manque de statut officiel de cette journée ont suscité l'indignation. « On n’est pas près de revoir des hommes se livrant à un tel commerce… » souligne l'adjoint au maire, Yves Husté.
Cette dynamique politique semble bien engagée, posant d'ores et déjà les bases d'une bataille identitaire à l'approche de l'élection présidentielle de 2027. Les maires RN redessinent un paysage politique et culturel, menaçant de redéfinir les valeurs entretenues par leurs prédécesseurs.







