Ce dimanche, Las Vegas accueille la toute première édition des « Enhanced Games », une compétition qui voit des athlètes abandonner les standards du sport traditionnel pour se mesurer dans un cadre où le dopage est permis. Des nageurs, sprinteurs et haltérophiles participent à cet événement controversé, jugé par certains comme un spectacle extravagant dédié à des performances humaines augmentées. Cependant, comme le souligne l'article de Sud Ouest, cette initiative a déchaîné les passions, divisant opinions et débats.
Quarante-deux athlètes, dont 29 hommes et 13 femmes, sont inscrits pour cette compétition dans un casino de Las Vegas, devant 2 500 spectateurs. Les épreuves comprennent l'athlétisme (100 m), la natation (nage libre, papillon) et l'haltérophilie. Les records mondiaux battus ne seront pas homologués, mais les récompenses sont alléchantes : un million de dollars pour un record et 250 000 dollars pour chaque vainqueur.
Une nature contestée
« Les Enhanced Games représentent une opportunité financière sans précédent comparé à l'athlétisme classique. J'ai signé pour plusieurs années, je ne vois pas comment on pourrait refuser cela, à part pour l'image », affirme le sprinteur Mouhamadou Fall, participant au 100 m et actuellement suspendu pour dopage. Ce changement de cap dans sa carrière s'explique par des incitations financières ainsi qu'un encadrement médical jugé rassurant.
Max McCusker, un nageur irlandais, assure que les nouvelles pratiques permettent des résultats « fous », faisant référence à des performances durant lesquelles il se sent plus rapide, même après une pause d'un an. Il argue que « le sport propre n’existe pas » et que le spectacle doit évoluer vers des performances spectaculaires.
Réactions et controverse
Les Enhanced Games bénéficient du soutien de figures influentes du milieu technologique, comme le milliardaire Peter Thiel, tandis que la Fédération internationale de natation a condamné la compétition, menaçant d'exclure les participants de ses circuits. Le président de la Fédération internationale d'athlétisme, Sebastian Coe, a qualifié ces jeux de « foutaises ».
L'Agence mondiale antidopage qualifie cet événement de « dangereux » et « irresponsable », mettant en avant les risques pour la santé des athlètes. Le professeur Ian Boardley, de l'université de Birmingham, a évoqué des complications médicales potentielles, soulignant le véritable danger encouru par les athlètes. Malgré les assurances des organisateurs quant à la légitimité des produits utilisés, la décision d'engager ce type de compétition reste sujet aux inquiétudes de nombreux acteurs du sport.







