Les relations entre l’Union européenne et Israël se tendent de plus en plus. Récemment, la France et l’Italie ont critiqué le traitement réservé aux membres de la flottille pour Gaza, tandis que l’Union européenne a décidé de sanctionner des groupes de colons israéliens violents. Ces sanctions visent notamment des pratiques de colonisation appelées "pâturage illégal".
Selon un rapport de Peace Now et de l’ONG Kerem Navot, publié en décembre 2024, cette méthode consiste à déplacer les bergers palestiniens de leurs terres pour y établir des pâturages illégaux. Dror Etkes, fondateur de Kerem Navot, explique que depuis les attaques du Hamas en octobre 2023, les colons bénéficient d’un soutien étatique pour expulser les Palestiniens de leurs zones de pâturage.
Accélération de la colonisation et des violences
D’après Peace Now, plus de 100 avant-postes ont été créés depuis 2024, et un rapport indique qu'au moins 14% de la Cisjordanie a été approprié sous prétexte de pâturage illégal. Les attaques des colons se sont intensifiées, avec le vol de bétail et des harcèlements visant à forcer les Palestiniens à se déplacer.
Le quotidien israélien Ha’aretz souligne que des organisations comme Amana et Regavim, ainsi que d'autres groupes d'extrême droite, orchestrent ce phénomène en facilitant l'installation des colons sur des terres palestiniennes, tout en veillant à expulser les communautés environnantes.
Une campagne systématique et ses impacts
Dror Etkes décrit cette dynamique comme "une véritable campagne systématique" d’accaparement des terres. Depuis 2022, cette méthode est devenue centrale dans la violence des colons contre les Palestiniens. Environ 70% des terres saisies l’ont été sous le couvert d’activités de pâturage, attestant de la planification stratégique de cette approche.
Oxfam, dans ses études, note que cette stratégie de colonisation étouffe l’économie palestinienne et pousse les habitants à se concentrer dans des zones urbanisées de la Cisjordanie, aggravant ainsi la situation socio-économique déjà précaire. Louis-Nicolas Jandeaux, d’Oxfam, appelle à des mesures plus strictes de l’UE, notamment à reconsidérer l'accord d'association avec Israël en raison de cette escalade.
Conclusion
Avec la montée des tensions et des violences systématiques, le débat sur la colonisation en Cisjordanie est devenu incontournable. Le pâturage illégal illustre non seulement l’impact négatif sur les communautés palestiniennes, mais aussi les défis auxquels l’Union européenne est confrontée en matière de politique étrangère. Des voix s’élèvent pour demander une réponse plus ferme face à cette situation, qui ne cesse de se dégrader.







