La justice tunisienne a prononcé une peine sans précédent pour Rached Ghannouchi, président du parti islamiste Ennahdha, le 3 juin 2026. À l'âge de 84 ans, cette figure de proue de l'opposition a été condamnée à la prison à vie, s'ajoutant à une sentence déjà sévère de plus de 40 ans en diverses affaires, notamment pour des accusations de terrorisme. Cette décision a été largement relayée par les médias nationaux et internationaux.
Des condamnations similaires ont été infligées à d'autres hauts responsables d'Ennahdha, dont Kamel ben Bedoui, ancien officier de l'armée, et Ali Laarayedh, ex-Premier ministre, respectivement condamnés à perpétuité et 42 ans de prison. L'accusation repose sur la formation d'un « appareil sécuritaire secret » au sein du parti, qui a dominé le paysage politique tunisien depuis 2011.
Un pays muselé par le président Kais Saied
Ces jugements surviennent dans un climat politique tendu, accentué par le coup d'État du président Kais Saied en juillet 2021, qui lui a permis de concentrer les pouvoirs. Cette situation suscite des inquiétudes au sein de l'opposition et de la société civile, dénonçant un recul des libertés fondamentales. Ghannouchi a réagi à son jugement, affirmant qu'il est le fruit d'un procès inéquitable. Selon lui, les conditions minimales de justice n’ont pas été respectées, soulignant ainsi les tensions persistantes dans le pays, ancien berceau du Printemps arabe.
Les experts tels que l'analyste politique Hichem allouche soulignent que ces décisions judiciaires visent à museler toute forme d'opposition, plaçant la démocratie tunisienne dans une impasse. De son côté, la communauté internationale observe ces événements avec attention, marquant un tournant dans la fragile démocratie tunisienne.







