L'Allemagne a subi un coup dur mercredi en n'étant pas élue au Conseil de sécurité de l'ONU, marquant ainsi une première dans son histoire diplomatique. Le Portugal et l'Autriche ont été élus avec respectivement 134 et 131 voix, tandis que l'Allemagne n'a recueilli que 104 voix, une véritable «défaite amère» selon le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul.
Le Conseil de sécurité, qui compte 15 membres, comprend cinq permanents et dix membres élus pour des mandats de deux ans. Cette année, trois pays concouraient pour deux sièges d'Europe de l'Ouest, le Portugal et l'Autriche sortant victorieux dès le premier tour.
Cette défaite est d'autant plus significative pour l'Allemagne, qui avait toujours réussi à intégrer le Conseil de sécurité, ayant déjà siégé six fois. L'analyste Daniel Forti de l'International Crisis Group évoque des raisons multiples derrière cet échec, évoquant que certains États pourraient avoir jugé l'Allemagne et l'Autriche «trop similaires» pour siéger ensemble. Il ajoute que l'Autriche a mené une campagne active pendant plus de dix ans, tandis que l'Allemagne est entrée dans la course beaucoup plus tard.
Christian Stocker, chancelier autrichien, a salué cette élection comme un «succès diplomatique majeur» pour son pays. Cependant, le chef de la diplomatie allemande souligne aussi que les prises de position de l'Allemagne, notamment sur le conflit en Ukraine, ont pu nuire à sa candidature. «La Russie ne voulait certainement pas d'une voix soutenant l'Ukraine au Conseil de sécurité», a-t-il déclaré.
Malgré cet échec, Daniel Forti reste convaincu que l'Allemagne, en tant que l'une des principales économies européennes et membre du G7, continuera d'avoir un poids important au sein de l'ONU. Les nouveaux élus, dont le Zimbabwe, Trinité-et-Tobago et le Kirghizstan, prendront leurs fonctions le 1er janvier 2027, remplaçant des membres comme le Pakistan ou la Somalie.







