Les combats entre les forces gouvernementales et l'opposition ont éclaté à Mogadiscio, entraînant une intensification de la crise politique qui frappe la Somalie depuis de nombreuses années.
En mars, le gouvernement a adoptée une réforme constitutionnelle portant sur l'élection au suffrage universel des parlementaires, pour augmenter les mandats présidentiels et législatifs d’une durée de quatre à cinq ans.
Alors que l'entourage présidentiel affirment que le mandat de Hassan Sheikh Mohamud a été prolongé d'un an de façon automatique, l'opposition souligne qu'il s'agit d'une manœuvre destinée à maintenir le chef de l'État au pouvoir.
Jeudi matin, des colonnes de fumée résultant des affrontements étaient visibles dans la capitale. D'après des témoins de l'AFP, les tirs d’armes se sont interrompus aux alentours de 9H30 (6H30 GMT).
Des discussions sont en cours entre les représentants des deux camps, a indiqué un membre de chaque partie.
Des échauffourées avaient déjà eu lieu mercredi, lorsque des partisans de l'opposition se sont heurtés à la police, faisant craindre qu'une manifestation contre le président ne puisse avoir lieu comme prévu.
La police a communiqué sur une opération de grande envergure pour neutraliser les groupes armés qui avaient mené des attaques au mortier dans la ville.
L'ancien Premier ministre, Hassan Ali Khaire, a dénoncé sur Twitter un "assaut militaire" mené par Mohamud ayant pour but de faire taire les critiques, incluant lui-même et l'ancien président Sheikh Sharif Sheikh Ahmed. Khaire a critiqué l'emploi d'armements lourds contre l'opposition.
"Il est clair que le président essaie d’écraser toute forme de dissidence," a ajouté Khaire, incitant les forces de sécurité à ignorer les ordres qu’il juge illégaux.
Sheikh Sharif a également exprimé son indignation lors d'une conférence de presse, affirmant ne pas se laisser intimider malgré les violences.
Les témoignages recueillis laissent entendre que des échanges de tirs ont eu lieu près des résidences de Khaire et Ahmed, rendant l’atmosphère particulièrement tendue.
Selon une source diplomatique, la situation ne montre aucun signe d’apaisement. "L'opposition a peu d'autres moyens d’action, et il est évident que la volonté du peuple de se mobiliser est déclinante, ce qui pourrait les pousser à recruter des armes," a-t-elle noté.
Depuis la mi-mai, le pays est entré dans une "période de transition" proclamée par le gouvernement, laissant planer des incertitudes sur les élections dues en juin, alors que la somalie lutte contre une insurrection islamiste croissante, orchestrée par le groupe Al-Quaïda.







