Les chefs d'État européens se sont réunis ce vendredi au Monténégro pour un sommet UE-Balkans occidentaux, centré sur les enjeux d'élargissement et les ambitions des six nations candidates. Les discussions portent notamment sur la création d'un "processus d’intégration graduelle renforcé".
À son arrivée, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a insisté sur la nécessité de "rendre le processus d'élargissement plus rapide et plus crédible". Le sommet se tient à Tivat, une station balnéaire prisée, accueillie par le président monténégrin Jakov Milatovic, qui l'a qualifié d'"événement international le plus important de l'histoire contemporaine du Monténégro".
Le thème de la réunion, "une prospérité et une stabilité partagées entre l'UE et les Balkans occidentaux", va de pair avec l'adhésion de l’UE aux engagements pris envers cette région. Le Conseil européen a réaffirmé cette semaine sa volonté d'accélérer ce processus d'élargissement crucial.
Après plusieurs années d'hésitations concernant l'intégration des Balkans occidentaux dans l'UE, l'invasion de l'Ukraine par la Russie a ravivé l'intérêt de Bruxelles pour cette région, stratégiquement située au cœur de l'Europe face aux influences de Moscou et de Pékin. Cependant, alors que des pays attendent leur adhésion depuis plus de 15 ans, la simple réaffirmation de l'engagement européen ne suffit plus.
Lors de ce sommet, le président français Emmanuel Macron a proposé de "renforcer le processus d'intégration graduelle". Cela pourrait permettre aux pays ayant respecté des critères d'intégration de commencer à participer aux formats de l'UE en fonction de leurs avancées. Par exemple, un pays aligné sur la politique étrangère de l'UE pourrait prendre part à certains conseils européens.
Friedrich Merz, chancelier allemand, a souligné que l'absence de nouveaux membres depuis 13 ans reflète des lacunes de l'UE, insistant sur le besoin de surmonter ces obstacles pour avancer. De plus, la discussion sur une intégration "partielle" se renforce, avec le président serbe Aleksandar Vucic et le Premier ministre albanais Edi Rama plaidant pour une adhésion plus rapide sans droit de veto pour les nouveaux pays entrants.
Macron a ajouté que l'élargissement est fondamental d'un point de vue géopolitique, affectant l'indépendance de l'Europe en matière énergétique et sécurité. "L'élargissement signifie plus de sécurité, plus de prospérité", a-t-il affirmé à un moment où la confiance du public dans le processus d'adhésion est fragile.
D'après des sondages, la Serbie demeure parmi les nations les plus sceptiques, avec moins de 50 % de soutien à l'idée d'adhésion, malgré ses liens étroits avec Moscou.
La commissaire européenne à l'élargissement, Marta Kos, a insisté sur l'importance de l'intégration graduelle, tout en maintenant que les pays membres doivent respecter des valeurs fondamentales telles que l'État de droit et la lutte contre la corruption.
Alors que l'UE a souvent exprimé une volonté d'intégrer tous les candidats simultanément, le Monténégro et l'Albanie apparaissent désormais comme des leaders potentiels, leur avancement en matière de réformes favorisant leur candidature. Marta Kos a évoqué la possibilité de finaliser les négociations techniques d'ici fin 2023, permettant ainsi une adhésion espérée pour 2028, soit un délai de 20 ans après la candidature du Monténégro.
Ce projet enthousiasme le pays des 625 000 habitants, qui a lancé le site "28 by 28", symbolisant son ambition de rejoindre les 27 membres actuels de l'UE.







