Après le Venezuela et l'Iran, la clarté des intentions de Donald Trump envers Cuba soulève de nouvelles interrogations. Le président américain entend non seulement voir un changement de régime sur l'île, mais il motive ses propos en désignant la nation cubaine comme une menace pour les États-Unis, géographiquement proches à seulement 150 kilomètres du sol américain.
Des experts comme Alexandre Marc, chercheur associé à l'Institut Montaigne, estiment que cette caractérisation de Cuba est avant tout un prétexte, notant que le pays fait face à des défis internes majeurs sans représenter de menace militaire véritable. "Cuba est à la limite de l'effondrement", souligne-t-il, alors que Jean Baptiste Thomas, membre du Conseil scientifique de l'Institut des Amériques, argue que l'île ne possède ni arsenal nucléaire ni tactiques illibérales.
Enjeux politiques et symboliques
Derrière cette rhétorique se cachent des enjeux politiques profonds. En cherchant à reprendre le contrôle sur Cuba, les États-Unis voient une opportunité de regagner la confiance des émigrés ayant fui le communisme en Amérique latine. Ce soutien conservateur est d'autant plus crucial à l'approche des élections de mi-mandat, alors que Trump cherche à montrer une force déterminée contre des régimes de gauche.
"L'idée d'un contrôle sur Cuba susciterait plus de popularité parmi certaines franges de la classe politique américaine qu'un contrôle sur l'Iran", ajoute Alexandre Marc.
De nombreux observateurs comparent l'approche actuelle de Washington à Cuba avec l'intervention au Venezuela, qui, malgré ses complications, est perçue positivement par une partie de la population américaine. Un récent sondage d'AtlasIntel révèle que 60% des Latinos approuvent l'intervention américaine contre le régime de Maduro.
Stratégies économiques en arrière-plan
Contrairement à la situation au Venezuela, Cuba fait face à une grave pénurie énergétique exacerbée par l'embargo américain. Ainsi, l'orientation de Trump ne serait pas tant de s'accaparer des ressources, mais plutôt de redonner accès à un marché cubain prometteur aux entreprises américaines, notamment dans le secteur touristique.
"Les capitaux américains recherchent à retrouver la mainmise sur des entreprises expropriées dans les années 60", souligne Jean Baptiste Thomas.
Trump désire sans aucun doute un changement radical à Cuba, tant au niveau politique qu'économique, escomptant que ce changement efface les restrictions de commerce en place.
Vers des négociations ?
Bien qu'un recours à la force ne soit pas exclu, le président cubain, Miguel Díaz-Canel, a averti que toute intervention militaire provoquerait des conséquences catastrophiques. Les experts s'accordent à dire que Cuba ne dispose pas des moyens militaires pour résister à une offensive américaine, mais la perspective d'engager un dialogue semble se dessiner. Díaz-Canel lui-même a exprimé l'intention d'explorer des solutions diplomatiques.
Avec des discussions bilatérales déjà amorcées et une prise de contact accrue entre les deux nations, la situation pourrait évoluer vers une nouvelle phase de négociations. Le gouvernement cubain semble ouvert à échanger sur les différends, ce qui pourrait potentiellement marquer le début d'une décongélation des relations entre les États-Unis et Cuba.







