L’audition du couple Moretti, qui a eu lieu le 5 juin, a révélé des éléments surprenants dans le cadre de l’enquête sur l’incendie tragique de Crans-Montana. Devant le ministère public du Valais, Jacques et Jessica Moretti ont été confrontés à des SMS compromettants, échangés il y a quelques années, concernant la mousse acoustique installée dans le "Constellation". Cette mousse a été à l'origine de l'incendie tragique qui a coûté la vie à 41 personnes la nuit de la Saint-Sylvestre, faisant également 115 blessés.
Comme rapporté par Le Parisien, Jessica avait précédemment averti un serveur : "S'ils veulent des scintillants, faites attention, restez jusqu'à ce que le scintillant s'éteigne. Sinon, si ça tombe sur le canapé ou le sol et enflamme la mousse au plafond, le Constel brûle...". Interrogée sur ce message, elle a affirmé qu'il était rédigé au "second degré".
Les enquêteurs se sont également intéressés à un échange entre Jacques Moretti et un employé concernant une porte de secours au sous-sol. L'employé a confirmé que "la porte est toujours bloquée". Ce témoignage pourrait indiquer que cette issue n'était pas accessible au moment de l'incendie. Jacques a contesté cette interprétation, affirmant que "bloquée" signifiait simplement que la porte demeurait ouverte.
Un nouveau chef d'inculpation pour Jessica Moretti
Dans un tournant supplémentaire, Jessica Moretti a reçu un nouveau chef d'inculpation pour faux dans les titres concernant certaines factures. Me Christophe de Galembert, avocate des parties civiles, a souligné que les questions entourant cette facture avaient éveillé des doutes depuis plusieurs mois. Me Romain Jordan a également qualifié cette accusation de particulièrement grave, car elle concerne directement la provenance de la mousse impliquée dans l'incendie.
Les avocats des parties civiles ont exprimé leur inquiétude vis-à-vis de ces révélations, redoutant qu'un contact ait eu lieu entre le couple après l'incendie. Selon Me Gilles-Antoine Hofstetter, "nous sommes à l'Everest de la collusion". Alors que 14 personnes sont actuellement sous enquête pour "homicide par négligence", l'attention se porte également sur la commune de Crans-Montana, qui n'avait effectué aucun contrôle de sécurité dans le bar depuis 2019. Un nouveau cycle d’auditions est prévu en juillet, ciblant notamment un employé municipal en lien avec les permis d'aménagement du "Constellation".







