Certaines prescriptions médicales peuvent aggraver les risques liés aux vagues de chaleur, prévient l’ANSM, qui met en lumière les effets secondaires selon les catégories de médicaments.
Alors que la chaleur s'accroît sur une grande partie de la France, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) tire la sonnette d'alarme : certains médicaments aggravent les effets des températures élevées sur notre santé. Par exemple, les diurétiques, laxatifs et certains antiépileptiques peuvent intensifier la déshydratation. D'autres, comme les antidépresseurs, antipsychotiques et antiparkinsoniens, risquent d'élever la température corporelle, tandis que les anti-inflammatoires et certains antidiabétiques perturbent le fonctionnement rénal, indique l’ANSM.
Certains neuroleptiques, antimigraineux et analgésiques puissants, notamment les opiacés, peuvent aussi provoquer des baisses de tension et de la somnolence, augmentant ainsi le risque de déshydratation. En période de chaleur intense, le corps peut perdre plusieurs litres d'eau quotidiennement, ce qui complique l'élimination des médicaments.
Patchs médicaux et chaleur : un duo à risque
La transpiration peut altérer les effets des médicaments administrés par patch, souligne l’ANSM. De plus, certains dispositifs médicaux, comme les bandelettes de glycémie, réduisent leur efficacité sous forte chaleur.
Les traitements photosensibilisants, utilisés pour l'acné, le cancer, ou certaines allergies, peuvent provoquer des éruptions cutanées lors d'une exposition au soleil, telles que démangeaisons et rougeurs. L’ANSM recommande d'éviter l’exposition au soleil pour ces traitements. En cas de nécessité, il est conseillé de se protéger avec une crème solaire haute protection et des vêtements appropriés.
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Avis particulier sur les gels de kétoprofène, souvent utilisés contre divers types de douleurs : même après l’arrêt du traitement, la zone traitée doit être protégée pendant au moins deux semaines.
Conservation des médicaments en période de fortes chaleurs
Bien que la plupart des médicaments se conservent à température ambiante, il est préconisé de les placer dans la pièce la plus fraîche durant les périodes caniculaires et de les transporter avec soin dans un emballage isotherme. Il est impératif d’éviter toute exposition directe au soleil.
Les traitements nécessitant une conservation entre 2 et 8 °C, comme l’insuline ou certains vaccins, doivent être utilisés rapidement après leur sortie du réfrigérateur, précisent les autorités sanitaires. Pour les transporter, un emballage isotherme avec des éléments réfrigérants est recommandé. Néanmoins, l’ANSM n’a encore « pas enregistré de décès ou d’hospitalisations dus à une mauvaise conservation des médicaments durant les épisodes caniculaires en France ».
Évaluation des risques liés aux médicaments et à la chaleur
« Les essais cliniques pour mieux évaluer la résistance des médicaments à la chaleur n'existent pas encore », explique Romain Barus, du Centre régional de pharmacovigilance de Toulouse. Cependant, les études de stabilité sont obligatoires avant l’agrément commercial des médicaments, garantissant ainsi la vérification de leur intégrité face aux fortes températures.
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Pour établir un lien direct entre médicaments et effets indésirables liés à la canicule, le Centre régional de pharmacovigilance commencera une étude l’année prochaine, visant à analyser les hospitalisations et décès attribuables à des effets secondaires exacerbés par la chaleur. S’appuyant sur les données de l’Assurance maladie et des relevés météo, cette approche permettra de « quantifier les risques associés » aux médicaments en période de chaleur.
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