Après presque quatre mois de blocage en raison de la guerre, le détroit d'Ormuz, principal axe commercial pour le transport maritime, devrait reprendre son activité vendredi, à la suite d'un accord entre Washington et Téhéran visant à apaiser les tensions. Cet événement crucial est suivi de près par les acteurs du marché.
Les navires, prêts à reprendre le large ?
Depuis le début des opérations militaires israélo-américaines contre l'Iran, environ 500 navires, représentant près de 20 % de la production pétrolière mondiale, ont été immobilisés. Selon l'International Chamber of Shipping (ICS), jusqu'à 20 000 marins sont bloqués dans le Golfe. Cette situation a créé une congestion sans précédent.
En réponse à l'annonce de la réouverture, seules quelques unités ont commencé à circuler avec leurs transpondeurs activés, révélant une prudence ambiante parmi les affréteurs, selon des données de Kpler. D'autres navires, ayant réussi à franchir le détroit discrètement, pourraient également se mettre en mouvement une fois la situation stabilisée. Jacob Larsen, responsable de la sécurité maritime chez Bimco, a signalé un besoin potentiel de nettoyage sous-marin de certains navires, si leur coque est encrassée.
Qui pourra naviguer ?
Les affréteurs et les assureurs semblent adopter une approche prudente. Hugo Rousse, d’AXSMarine, indique que les premiers navires à emprunter le détroit seront probablement ceux d'armateurs indépendants, qui opèrent hors des mainframes boursiers. Les expéditions pourraient également être majoritairement réservées à des pépinières géographiques plus proches, comme les Émirats et l’Arabie Saoudite, estime Arne Lohmann Rasmussen de Global Risk Management.
L'ombre du déminage
Des préoccupations subsistent quant à la sécurité des voies de navigation étant donné la présence de mines, déclarée par l'Iran. Demeurant toutefois en alerte, les navires d'escorte et l'initiative de déminage organisée par une coalition incluant la France et le Royaume-Uni, pourraient ouvrir la voie à un retour progressif de l'activité maritime.
Le chemin vers un retour à la normale
Les experts d’Argus Media estiment que retrouver un flux normal de pétrole nécessitera plus qu'une simple réouverture technique. Il faudra un changement d'équipage, un réajustement des chaînes de production fragilisées et une reconstitution des réserves stratégiques. La réalité s’annonce complexe, car les tankers pourraient mettre davantage d’un mois à atteindre l’Europe.
Des frais de passage en perspective ?
Dans une déclaration rapportée par CNBC, le vice-président américain JD Vance a affirmé que Washington ne prévoyait pas l’imposition de péages à long terme. Cependant, la diplomatie iranienne évoque des « frais pour les services de navigation », une proposition qui soulève des inquiétudes chez certains opérateurs maritimes, qui craignent de financer des entités controversées.







