La ville d'El-Obeid, située dans le Kordofan soudanais, est en proie à une inquiétude croissante alors que des offensives des Forces de soutien rapide (FSR) se profilent. Agsam Hamad, résidente d'un camp de déplacés, se livre quotidiennement à une quête périlleuse pour trouver de l'eau, craignant que la violence ne s'intensifie. « Nous parcourons de longues distances pour de l'eau impure. La situation est précipice », confie-t-elle avec désespoir.
El-Obeid, ville clé de près d'un demi-million d'habitants, abrite également environ 100 000 réfugiés, fuyant les conflits dans d'autres régions. Les attaques des FSR sur la ville se sont intensifiées ces dernières semaines, suscitant de vives inquiétudes quant à un assaut imminent.
Après un long siège rompu en février de l'année précédente, l'armée soudanaise a eu du mal à maintenir le contrôle alors que les paramilitaires tentent de rétablir un blocus à travers des frappes de drones ciblant les infrastructures critiques, engendrant des coupures d'électricité sévères, ainsi que des pénuries d'eau.
Les habitants sont désormais contraints de s'appuyer sur des camions-citernes et quelques points de distribution rudimentaires, ajoutant à leur désespoir, telle que rapportée par l'AFP. De nombreuses familles, acculées dans des conditions précaires, vivent une détresse telle que certains enfants sont incapables de jouer, appesantis par la fatigue et la faim.
Les observateurs, tel Nohad Eltayeb d'ACLED, signalent des mouvements militaires inquiétants autour d'El-Obeid, distance de 60 kilomètres, ce qui suggère une préparation à une offensive terrestre. L'ONU a averti que la chute de la ville pourrait se transformer en une tragédie humanitaire comparable à celle d'El-Facher, où des atrocités massives ont été rapportées.
Des experts mettent en évidence l'importance stratégique de cette ville, notamment en raison de sa division d'infanterie, de son oléoduc vital et de son marché de gomme arabique. « La conquête d'El-Obeid serait synonyme de pouvoir, de territoire et de richesse », explique Kholood Khair, analyste de la situation.
Face à cette crise insupportable, Mohamed Refaat de l'Organisation internationale pour les migrations s'alarme : « Nous nous dirigeons vers un siège total, menaçant de paralyser complètement les mouvements civils ». Dans l’éventualité où la situation ne s’améliorerait pas rapidement, les civils pourraient se retrouver dans une situation désespérée, rappelant les souffrances vécues à El-Facher, où ils ont subsisté avec des ressources rationnées pendant 18 mois, de façon tragique.
La tension est palpable sur le terrain, alors que les civils, de plus en plus vulnérables, pourraient devenir des cibles des paramilitaires, qui n'hésitent pas à revendiquer leur droit à protéger des civils qu'ils accusent d’agir en tant que « boucliers humains ». Comme le souligne Noha Eltayeb, la vulnérabilité des populations pourrait, hélas, se traduire par des violences ethniques exacerbé, similaires aux épisodes précédents.







