Référendum judiciaire en Italie : tension autour d'une réforme cruciale

Les Italiens votent sur une réforme judiciaire controversée qui pourrait changer l'équilibre du pouvoir.
Référendum judiciaire en Italie : tension autour d'une réforme cruciale

Les électeurs italiens se dirigent vers les urnes ce week-end pour voter sur une réforme judiciaire souhaitée par la Première ministre Giorgia Meloni. Cette réforme vise à modifier la séparation des carrières des juges et des procureurs, ainsi qu'à instaurer des changements significatifs au sein du Conseil supérieur de la magistrature (CSM). Cependant, ses détracteurs pointent du doigt des atteintes potentielles à l'indépendance de la justice.

Ce scrutin, sans quorum requis, pourrait se transformer en un véritable référendum sur la légitimité de Meloni à la tête de l'Italie, à l'approche des prochaines élections législatives en 2027. Le gouvernement fait valoir que la réforme est essentielle pour assurer l'intégrité et l'efficacité du système judiciaire. Dans une allocution vidéo récente, Meloni l’a qualifiée d'« occasion historique de rendre le système judiciaire plus transparent et plus efficace ».

En revanche, l'opposition critique la réforme, la qualifiant de tentative de contrôle du pouvoir sur les magistrats, sans s'attaquer aux problèmes fondamentaux tels que la durée excessive des procès et la surpopulation carcérale. Elly Schlein, dirigeante du Parti démocrate, a qualifié cette initiative de « mal conçue » et nuisible à l'indépendance du pouvoir judiciaire.

Les modifications proposées incluent la séparation stricte des carrières entre juges et procureurs, ainsi qu'une révision de l'organisation du CSM. Cet organe, chargé de superviser tous les magistrats, verrait une nouvelle structure introduite, indépendante des décisions internes.

Un revers lors de ce référendum serait un coup dur pour Meloni, qui dirige un gouvernement de coalition relativement stable depuis octobre 2022. Bien qu'elle ait écarté tout risque de démission en cas d'échec, la pression monte. Les bureaux de vote fermeront lundi à 14h00 GMT, et les résultats sont attendus le même jour. Les derniers sondages montrent une compétition plutôt serrée entre les deux camps.

L'ex-Premier ministre Silvio Berlusconi, connu pour ses problèmes avec la loi, avait déjà signalé une certaine méfiance à l'égard du système judiciaire, le qualifiant de « trop politisé ». Meloni et son gouvernement n'ont pas hésité à dénoncer certaines décisions judiciaires jugées laxistes, en particulier sur des questions sensibles comme l'immigration.

L'Association nationale des magistrats italiens (ANM) s'opposent massivement à ce projet. Plus de 80 % de ses membres ont participé à une grève en février 2025 pour faire entendre leur désaccord.

Dans un débat récent, le ministre de la Justice et ardent défenseur de la réforme, Carlo Nordio, a fait référence à un « mécanisme para-mafieux » qu'il prétend que la réforme pourrait mettre fin. Sa cheffe de cabinet, Giusi Bartolozzi, a été critiquée pour avoir évoqué le besoin de « se débarrasser » des magistrats jugés trop incorruptibles.

Le changement le plus controversé concerne les modifications au sein du CSM, qui serait subdivisé en deux conseils distincts, ainsi qu'une nouvelle cour disciplinaire. Franco Moretti, avocat pénaliste, avertit que cette cour pourrait devenir « potentiellement le bras armé de la politique », menaçant ainsi l'équilibre du pouvoir judiciaire.

Un autre point clé proposé dans cette réforme est l'impossibilité pour les juges et les procureurs de changer de fonction, bien que cette pratique ne soit pas courante. De nombreux magistrats estiment que c'est une protection nécessaire contre les ingérences politiques, tandis que les partisans de la réforme plaident pour une séparation claire des rôles afin de garantir un procès équitable.

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