Ce week-end, les citoyens italiens sont appelés aux urnes pour se prononcer sur une réforme judiciaire suscitée par la Première ministre Giorgia Meloni. Cette initiative est perçue par certains comme une atteinte à l’indépendance judiciaire, créant ainsi un débat passionné dans le pays.
La Première ministre a insisté sur le fait que cette réforme constitutionnelle est cruciale pour assurer l’impartialité du système judiciaire, la qualifiant d'« occasion historique de renforcer la méritocratie, la responsabilité et l'efficacité ». Versant de l'huile sur le feu, ses adversaires, dont Elly Schlein, présidente du Parti démocrate (PD), dénoncent un texte mal écrit qui, selon eux, compromettrait la séparation des pouvoirs.
Un résultat décisif pour Meloni
Une défaite au référendum pourrait affaiblir la position de Meloni, qui n’a pas caché son intention de poursuivre son mandat sans démissionner en cas de résultats défavorables. Les bureaux de vote fermeront lundi à 14 heures, avec des résultats prévus le jour même. Les dernières enquêtes montrent un équilibre fragile entre les partisans et les opposants de la réforme.
Il est à noter que l'ancienne figure politique Silvio Berlusconi avait également connu des tensions avec le système judiciaire, tandis que Meloni et son cabinet critiquent parfois des décisions jugées trop indulgentes, notamment en matière d'immigration.
Des magistrats inquiet
En opposition à la réforme, environ 80 % des membres de l’Association nationale des magistrats (ANM) avaient déjà participé à une journée de grève en février dernier. Carlo Nordio, le ministre de la Justice, a évoqué l’existence d’un « mécanisme para-mafieux » dans le système judiciaire, soulignant la nécessité d'un changement.
Des commentaires polémiques ont également émergé de la part de Giusi Bartolozzi, cheffe de cabinet, qui a affirmé que la réforme permettrait de « se débarrasser » des juges considérés comme des « pelotons d’exécution ». Les révisions proposées risquent de modifier le fonctionnement du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), un organe essentiel dans la supervision judiciaire.
Séparer les rôles pour renforcer l’intégrité
La réforme vise à établir une stricte séparation entre les carrières des juges et des procureurs, tout en restreignant leurs possibilités de changement de fonction. Actuellement, les magistrats peuvent changer de poste une seule fois en dix ans, une mesure perçue par beaucoup comme une protection contre les ingérences politiques.
Cette complexité illustre bien que le vote ne portera pas uniquement sur la réforme en elle-même, mais aussi sur la direction que le pays souhaite prendre sur des enjeux politiques plus larges. Meloni rappelle que ce référendum concerne avant tout “la justice”, et que les électeurs auront l’occasion de trancher lors des élections générales de 2027.







