Le journal de 13 heures du dimanche 22 mars vous invite à plonger dans l'univers des castells, ces fascinantes pyramides humaines qui peuvent atteindre jusqu'à dix étages.
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Sous le poids des corps intrépides, ces structures défiant la gravité révèlent non seulement l'équilibre mais aussi la cohésion communautaire. Les castells nécessitent une performance collective où chaque membre joue un rôle crucial pour construire des tours humaines spectaculaires lors de festivals catalans, dont la renommée ne cesse de croître.
Le jour du concours, huit équipes aux couleurs vives se rassemblent, chacune représentant un quartier de Barcelone. Les membres des Bleus de Gracia, par exemple, se consacrent à cette compétition avec un entraînement rigoureux, arborant un costume impeccable incluant des pantalons blancs et une ceinture noire épaisse. "Cette ceinture aide à protéger les reins et prévenir les douleurs," explique une participante.
Les plus âgés, souvent les plus robustes, forment la base des pyramides, tandis que les enfants, plus légers et agiles, sont chargés de gravir les sommets. "On voit qu'ils arrivent hyper motivés, mais il faut aussi gérer les émotions que cela suscite chez eux : l'euphorie, la nervosité, etc.," déclare Carla Piñera, la capitaine des Bleus de Gracia.
200 personnes par équipe
Pour commencer cette bataille amicale, chaque équipe défile dans les rues animées de Barcelone. À seulement 7 ans, Nora est choisie pour grimper au sommet, avec l’accord de ses parents, Laura et Rafael, un couple franco-espagnol.
La compétition débute sur la place de la mairie avec des équipes comptant jusqu'à 200 personnes. Au fur et à mesure que les participants prennent leurs positions, les castells prennent forme, mais peuvent également s’effondrer en un clin d'œil. Alors que les Bleus s'apprêtent à entrer en scène, les Verts cherchent à relever un défi. En pleine action, Rafael, le père de Nora, se retrouve porteur, soutenant plusieurs centaines de kilos avant que sa fille n’effectue son ascension. Au bout de sept étages, Nora lève fièrement le bras : c'est gagné. Pour elle, l’effort n’a rien de déconcertant. Pour son père, le défi est bien plus considérable.
Dans le public, l'agilité des jeunes acrobates impressionne des visiteurs venus du Jura. "Je ne sais pas si j'aurais osé laisser ma fille monter là-haut, mais pourquoi pas," confie une femme émerveillée.
Après le dernier castells, les équipes se mêlent, célébrant la camaraderie et l’esprit communautaire. Ce jour-là, pas de vainqueur : simplement une célébration d’une tradition qui, depuis 20 ans, est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, un témoignage vibrant d’une culture vivante et d’un ancien savoir-faire.







