La guerre au Moyen-Orient risque de déclencher une crise énergétique d'une ampleur sans précédent, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Tandis qu'Israël se prépare à "plusieurs semaines de combats", ses frappes sur Téhéran se poursuivent.
La situation se concentre autour du détroit d'Ormuz, essentiel au transit des hydrocarbures dans le monde. En réponse à un ultimatum posé par Donald Trump sur l'Iran, ce dernier est confronté à la menace de pertes majeures, si le détroit reste fermé. Les États-Unis ont averti que des mesures seraient prises contre les infrastructures électriques iraniennes si la situation n'évolue pas.
L'Iran, pour sa part, a menacé de fermer complètement le détroit et de cibler les infrastructures énergétiques américaines. L'armée iranienne a déclaré, selon l'agence Fars, qu'elle agirait pour protéger ses intérêts.
Selon Fatih Birol, directeur de l'AIE, "nous avons perdu jusqu'à présent 11 millions de barils par jour, un chiffre supérieur à celui des crises pétrolières des années 1970". Les impacts sont déjà visibles, le transit maritime dans le détroit s'étant effondré de 95% depuis le début des hostilités, selon Kpler.
"Aucun pays n'échappera aux conséquences de cette crise si la situation ne change pas rapidement. Une coopération mondiale est essentielle", a également averti M. Birol, parlant d'une "menace majeure" pour l'économie mondiale.
Face à la flambée des prix du pétrole, les États-Unis ont temporairement autorisé la vente de brut iranien en mer, mais Téhéran a rétorqué qu'il n'avait pas de surplus à écouler.
Outre le blocus du détroit, Téhéran cible également des infrastructures énergétiques dans plusieurs pays du Golfe. Selon l'AIE, plus de 40 installations sont déjà "gravement endommagées", reflet des attaques menées par les forces américano-israéliennes depuis le 28 février.
- Nouvelles frappes à Téhéran -
Ce lundi, l'armée israélienne a lancé une large offensive sur Téhéran, suscitant des explosions dans divers secteurs de la capitale. Les médias iraniens, dont l'agence Fars, rapportent que des attaques ont eu lieu dans le nord, le centre et l'est de la ville, provoquant des panaches de fumée noire visibles dans le ciel.
La tension est palpable à Téhéran, comme l'indique une habitante, Shiva, 31 ans, qui partage ses craintes face à l'incertitude du conflit.
La nuit dernier, des attaques ont également été signalées dans plusieurs pays du Golfe, le ministère de la Défense des Émirats ayant riposté à de possibles attaques iraniennes.
Les États-Unis maintiennent un flou quant à la durée de leurs opérations militaires, tandis qu'Israël se prépare à intensifier ses frappes au Liban contre le Hezbollah.
- Préoccupations concernant le nucléaire -
À mesure que le conflit s'intensifie, les inquiétudes autour des sites nucléaires iraniens augmentent. Dimanche, des frappes en provenance d'Iran ont fait plus d'une centaine de blessés dans le sud d'Israël, avec des missiles touchant des zones proches de sites sensibles comme celui de Dimona.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a exprimé son inquiétude face au risque d'incidents nucléaires, appelant toutes les parties à faire preuve de retenue.







